{"id":1211,"date":"2026-05-31T21:23:02","date_gmt":"2026-05-31T21:23:02","guid":{"rendered":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/?p=1211"},"modified":"2026-05-31T21:23:06","modified_gmt":"2026-05-31T21:23:06","slug":"pierre-guillon-de-prince","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/pierre-guillon-de-prince\/","title":{"rendered":"Pierre Guillon de Princ\u00e9:"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">POUR UN DIALOGUE EN TOUTE HUMANIT\u00c9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u201c<strong><em>U<\/em><\/strong><em>n \u00eatre humain est libre, non quand l&#8217;autre ne l&#8217;est pas, mais quand l&#8217;autre l\u2019est aussi\u201d<\/em>. Il y a des si\u00e8cles en arri\u00e8re cette maxime n&#8217;a pas toujours \u00e9t\u00e9 \u00e9vidente et aujourd&#8217;hui encore on en est \u00e0 se questionner si elle fait sens pour tous les HOMMES. Toutefois, un Nantais semble \u00eatre en ad\u00e9quation avec cette pens\u00e9e philosophique. Pierre&nbsp; Guillon de Princ\u00e9 est le descendant d\u2019une famille d\u2019armateurs n\u00e9griers de Nantes&nbsp;&nbsp; qui fut&nbsp; impliqu\u00e9e dans le commerce triangulaire au XVIII\u1d49 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La richesse de nombreuses familles d\u2019armateurs et de n\u00e9gociants nantais provenait directement ou indirectement de ce syst\u00e8me inique : une \u00e9conomie fond\u00e9e sur l\u2019esclavage colonial, le travail forc\u00e9 des esclaves africains dans les plantations des Antilles fran\u00e7aises, notamment \u00e0 Saint-Domingue (aujourd&#8217;hui&nbsp; Ha\u00efti), en Martinique et en Guadeloupe<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aux XVII\u1d49 et XVIII\u1d49 si\u00e8cles, Nantes \u00e9tait devenu&nbsp; le principal port fran\u00e7ais impliqu\u00e9 dans la traite transatlantique. Entre la fin du XVII\u1d49 si\u00e8cle et le d\u00e9but du XIX\u1d49 si\u00e8cle, plus de 1400 exp\u00e9ditions n\u00e9gri\u00e8res y sont arm\u00e9es, ce qui repr\u00e9sente environ 40 % de la traite fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pierre&nbsp; Guillon de Princ\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le syst\u00e8me reposait sur le \u00ab commerce triangulaire \u00bb :<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des navires partaient d\u2019Europe avec des marchandises (armes, tissus, alcool, objets manufactur\u00e9s). Ces produits \u00e9taient \u00e9chang\u00e9s sur les c\u00f4tes africaines contre des captifs. Les personnes r\u00e9duites en esclavage \u00e9taient d\u00e9port\u00e9es vers les colonies am\u00e9ricaines et antillaises. Les bateaux revenaient ensuite en Europe charg\u00e9s de sucre, caf\u00e9, coton, tabac ou cacao. La prosp\u00e9rit\u00e9 de Nantes au XVIII\u1d49 si\u00e8cle fut donc li\u00e9e au commerce maritime, au raffinage du sucre, aux assurances maritimes, aux investissements coloniaux et \u00e0 l\u2019esclavage. Aujourd\u2019hui encore, cette histoire reste visible dans certains b\u00e2timents, h\u00f4tels particuliers, quais et lieux de m\u00e9moire de la ville. Une m\u00e9moire qui est rest\u00e9e cependant&nbsp;&nbsp; longtemps silencieuse. Car apr\u00e8s l\u2019abolition d\u00e9finitive de l\u2019esclavage en 1848, la France a longtemps peu parl\u00e9 de ce pass\u00e9 colonial. Pendant plus d\u2019un si\u00e8cle, la traite n\u00e9gri\u00e8re est&nbsp; rest\u00e9e marginale dans l\u2019enseignement et la m\u00e9moire publique. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir des ann\u00e9es 1980-2000 qu\u2019un v\u00e9ritable travail m\u00e9moriel s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9, notamment gr\u00e2ce ; aux historiens ; aux associations antiracistes, aux militants ultramarins, et \u00e0 la loi Taubira de 2001 reconnaissant l\u2019esclavage comme crime contre l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon les recherches historiques \u00e9voqu\u00e9es dans la presse, la famille de Pierre Guillon&nbsp; qui&nbsp; poss\u00e9dait \u00e9galement des int\u00e9r\u00eats li\u00e9s au sucre et au caf\u00e9 \u00e0 Saint-Domingue, auraient particip\u00e9 \u00e0 18 exp\u00e9ditions n\u00e9gri\u00e8res entre 1766 et 1788. Environ 4 500 Africains auraient \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9s et plus de 200 seraient morts pendant les travers\u00e9es. Au fil du temps, Pierre Guillon de Princ\u00e9 qui d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab justice r\u00e9paratrice \u00bb et d\u2019un dialogue entre descendants d\u2019esclavagistes et descendants d\u2019esclaves, notamment pour lutter contre le racisme contemporain, commen\u00e7a&nbsp; \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019histoire de sa famille et au r\u00f4le de Nantes dans l\u2019esclavage colonial. Il s&#8217;en est suivi un long travail de m\u00e9moire : D\u00e8s 2015, Pierre Guillon de Princ\u00e9 a commenc\u00e9 \u00e0 faire des recherches sur l&#8217;histoire de ses anc\u00eatres .Ce travail l&#8217;a men\u00e9 \u00e0 s&#8217;impliquer dans la transmission de cette m\u00e9moire, notamment en organisant des visites \u00e0 Nantes et en s&#8217;associant aux Journ\u00e9es du patrimoine Cette d\u00e9marche&nbsp; s\u2019inscrit dans un contexte plus large de travail m\u00e9moriel \u00e0 Nantes :ouverture du m\u00e9morial de l\u2019abolition de l\u2019esclavage ;recherches historiques municipales, visites \u00e9ducatives, d\u00e9bats sur les r\u00e9parations et le racisme h\u00e9rit\u00e9 de la colonisation. Il est surtout connu aujourd\u2019hui pour son travail de m\u00e9moire autour de l\u2019esclavage colonial et de la traite n\u00e9gri\u00e8re \u00e0 Nantes. Depuis plusieurs ann\u00e9es, il travaille avec Dieudonn\u00e9 Boutrin, descendant de personnes esclavis\u00e9es originaires de Martinique. Ensemble, ils organisent des actions p\u00e9dagogiques, des visites m\u00e9morielles et des initiatives de dialogue autour de l\u2019histoire de l\u2019esclavage. Cette collaboration est souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme symbolique : un descendant d\u2019esclavagistes et un descendant d\u2019esclaves travaillant ensemble.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"750\" height=\"501\" src=\"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bateau.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1213\" srcset=\"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bateau.jpg 750w, https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bateau-300x200.jpg 300w, https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bateau-18x12.jpg 18w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><strong>Le port de Nantes, France dans les ann\u00e9es 1770.<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En avril 2026, il a fait parler de lui en pr\u00e9sentant publiquement des excuses&nbsp; historiques et formelles pour le r\u00f4le de ses anc\u00eatres dans la traite transatlantique. Plusieurs m\u00e9dias ont pr\u00e9sent\u00e9 ce geste comme une premi\u00e8re en France pour un descendant direct d\u2019armateurs n\u00e9griers. Cette prise de parole a eu lieu \u00e0 Nantes lors de l\u2019inauguration d\u2019un \u00ab M\u00e2t de la fraternit\u00e9 \u00bb, un monument li\u00e9 au travail de m\u00e9moire sur l\u2019esclavage colonial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son profond discours insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de reconna\u00eetre le pass\u00e9, le refus de l\u2019oubli, la lutte contre le racisme contemporain et le dialogue entre les m\u00e9moires. Son engagement s\u2019inscrit d\u00e9sormais dans des d\u00e9bats plus larges sur :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9moire coloniale fran\u00e7aise, les r\u00e9parations symboliques ou mat\u00e9rielles, les responsabilit\u00e9s historiques et la transmission scolaire de l\u2019histoire de l\u2019esclavage. Son action attire particuli\u00e8rement l\u2019attention parce qu\u2019il touche \u00e0 une question sensible en France : comment les descendants des b\u00e9n\u00e9ficiaires historiques de l\u2019esclavage doivent-ils se positionner aujourd\u2019hui face \u00e0 cet h\u00e9ritage ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son geste historique in\u00e9dit le 18 avril 2026, lors de l&#8217;inauguration du M\u00e2t de la fraternit\u00e9 et de la m\u00e9moire \u00e0 Nantes, o\u00fb il a prononc\u00e9 un discours officiel d&#8217;excuses en pr\u00e9sence de personnalit\u00e9s comme Jean-Marc Ayrault (pr\u00e9sident de la Fondation pour la m\u00e9moire de l&#8217;esclavage) et de l&#8217;ambassadeur d&#8217;Ha\u00efti en France restera grav\u00e9 dans les esprits. Sa collaboration \u00e9troite avec Dieudonn\u00e9 Boutrin, pr\u00e9sident de l&#8217;association La Coque Nomade \u2013 Fraternit\u00e9, pour promouvoir le dialogue, la r\u00e9conciliation et la lutte contre le racisme \u00e0 travers cette m\u00e9moire partag\u00e9e fera, esp\u00e9rons-le, des \u00e9mules .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur cette m\u00eame question, pour la premi\u00e8re fois un pape reconna\u00eet la responsabilit\u00e9 directe du Saint Si\u00e8ge dans la l\u00e9gitimation de l&#8217;esclavage au cours de l&#8217;histoire (bulles papales en 1452, 1455, 1493). Le pape L\u00e9on XIV n&#8217;a pas uniquement reconnu le retard de l&#8217;\u00e9glise catholique \u00e0 condamner l\u2019esclavage, mais il a demand\u00e9 pardon au nom de cette institution dans sa premi\u00e8re lettre encyclique publi\u00e9e le 25 mai, C\u2019est une d\u00e9marche sans ant\u00e9c\u00e9dent \u00e9tant donn\u00e9 que&nbsp; jusqu&#8217;ici ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs avaient seulement reconnu la participation de chr\u00e9tiens \u00e0 la traite et au syst\u00e8me esclavagiste sans mettre en cause des responsables de l&#8217;\u00e9glise catholique. Le discours de Pierre Guillon de Princ\u00e9 o\u00f9 il fait ses excuses publiques est une excellente d\u00e9marche. Aujourd&#8217;hui, la transmission de cette histoire ne passe plus seulement par les livres d&#8217;\u00e9cole, mais par des actions concr\u00e8tes sur le terrain. C&#8217;est une bonne chose que des&nbsp; associations et des projets m\u00e9moriels cherchent \u00e0 rendre cette histoire visible dans l&#8217;espace public.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Nantes, ancien premier port n\u00e9grier de France, des initiatives comme le M\u00e9morial de l&#8217;abolition de l&#8217;esclavage ou le r\u00e9cent M\u00e2t de la fraternit\u00e9 transforment la ville. Ils permettent de sortir ce pass\u00e9 de l&#8217;oubli et de marquer physiquement la reconnaissance des erreurs du pass\u00e9. Les projets culturels et p\u00e9dagogiques&nbsp; des structures comme l&#8217;association La Coque Nomade \u2013 Fraternit\u00e9 (avec laquelle collabore Pierre Guillon de Princ\u00e9) utilisent des r\u00e9pliques de navires ou des expositions itin\u00e9rantes. L&#8217;objectif \u00e9tant de cr\u00e9er des espaces de dialogue pour sensibiliser les jeunes et lutter contre les discriminations contemporaines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;impact \u00e9ducatif de ses d\u00e9marches est&nbsp; \u00e0&nbsp; reproduire, les actions concr\u00e8tes des associations aupr\u00e8s des \u00e9coles et du grand public&nbsp; car elles mettent le doigt sur&nbsp; la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre le symbole (qui marque les esprits \u00e0 un instant T) et l&#8217;\u00e9ducation (qui transforme les mentalit\u00e9s sur le long terme). Le geste de Pierre Guillon de Princ\u00e9 prend&nbsp; tout son sens s&#8217;il devient un outil p\u00e9dagogique pour l&#8217;avenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce travail \u00e9ducatif est aujourd&#8217;hui indissociable du d\u00e9bat sur les r\u00e9parations. En France, la question de &#8220;r\u00e9parer&#8221; le pass\u00e9 esclavagiste suscite de vifs d\u00e9bats, car la notion m\u00eame de r\u00e9paration peut s&#8217;entendre de plusieurs mani\u00e8res. On distingue g\u00e9n\u00e9ralement deux grandes visions :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les r\u00e9parations m\u00e9morielles et culturelles : C&#8217;est le choix actuel de la France (Loi Taubira de 2001). Cela passe par le financement de mus\u00e9es, de projets associatifs, de bourses d&#8217;\u00e9tudes ou de monuments. L&#8217;id\u00e9e est de r\u00e9parer par la connaissance, la reconnaissance des crimes et l&#8217;\u00e9ducation pour lutter contre le racisme actuel. Mais cela va plus loin, par exemple pour Ha\u00efti qui paie encore par sa descente aux enfers les cons\u00e9quences de la dette colossale qui fut vers\u00e9 pour la reconnaissance de son ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par rapport \u00e0 Ha\u00efti et&nbsp; la question de la \u00ab dette d\u2019ind\u00e9pendance \u00bb&nbsp; qui lui a \u00e9t\u00e9 oppos\u00e9e&nbsp; par la France c\u2019est aujourd\u2019hui au c\u0153ur d\u2019un d\u00e9bat historique, moral et politique tr\u00e8s important.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la r\u00e9volution ha\u00eftienne et l\u2019ind\u00e9pendance d&#8217;Ha\u00efti en 1804, premi\u00e8re r\u00e9publique noire issue d\u2019une r\u00e9volte d\u2019esclaves victorieuse sur l&#8217;arm\u00e9e Napol\u00e9onienne consid\u00e9r\u00e9e comme la plus puissante de l&#8217;\u00e9poque, la France refuse longtemps de reconna\u00eetre le nouvel \u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1825, le roi Charles X impose \u00e0 Ha\u00efti une indemnit\u00e9 de 150 millions de francs-or en \u00e9change de la reconnaissance officielle de son ind\u00e9pendance. Cette somme devait indemniser les anciens colons fran\u00e7ais pour la perte de leurs plantations, mais aussi des personnes esclavis\u00e9es qu\u2019ils consid\u00e9raient comme des \u00ab biens \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise sous pression militaire : une flotte fran\u00e7aise fut envoy\u00e9e devant Port-au-Prince.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La dette&nbsp; r\u00e9duite \u00e0 90 millions de francs en 1838, obligea &nbsp;&nbsp;Ha\u00efti \u00e0 emprunter \u00e0 des banques fran\u00e7aises pour payer. C\u2019est ce que certains historiens appellent la \u00ab double dette \u00bb :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La dette d\u2019indemnisation. Le remboursement de celle-ci s&#8217;est \u00e9tal\u00e9 jusque dans le XX\u1d49 si\u00e8cle, avec un impact \u00e9conomique majeur sur le d\u00e9veloppement du pays pendant des g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ann\u00e9e 2025 a marqu\u00e9 le&nbsp; bicentenaire de l\u2019ordonnance de 1825, imposant la dette colossale qui fut et demeure&nbsp; un goulot d&#8217;\u00e9tranglement pour Ha\u00efti. \u00c0 cette occasion, des historiens ;des associations ;la Fondation pour la m\u00e9moire de l\u2019esclavage ;et des responsables politiques fran\u00e7ais ont&nbsp; demand\u00e9 une r\u00e9flexion sur les r\u00e9parations. Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron reconna\u00eet publiquement que cette dette constitue une \u00ab injustice initiale \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il annonce la cr\u00e9ation d\u2019une commission franco-ha\u00eftienne d\u2019historiens ; charg\u00e9e d\u2019\u00e9tudier l\u2019impact de cette dette ; et de proposer des recommandations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, il ne promet pas explicitement de remboursement financier ni de r\u00e9parations directes. En Janvier 2025 la&nbsp; discussion autour d\u2019une \u00ab restitution \u00bb est remise sur la table<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pr\u00e9sident ha\u00eftien par int\u00e9rim Leslie Voltaire affirme que le pr\u00e9sident Macron lui a parl\u00e9 de \u00ab restitution \u00bb et de \u00ab r\u00e9paration \u00bb lors d\u2019un entretien \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e. Mais aucune annonce officielle de remboursement n\u2019a suivi pour le moment. En Juin 2025&nbsp; il y eu une r\u00e9solution parlementaire fran\u00e7aise. L\u2019Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise adopte une r\u00e9solution invitant le gouvernement \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un processus de r\u00e9paration concernant cette \u00ab double dette \u00bb. Cette r\u00e9solution est surtout symbolique : elle n\u2019oblige pas juridiquement l\u2019\u00c9tat \u00e0 payer, mais elle montre que le sujet est d\u00e9sormais d\u00e9battu publiquement en France.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ha\u00efti a d\u00fb payer les anciens esclavagistes pour avoir obtenu sa libert\u00e9.<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette dette a vid\u00e9 durablement les finances du jeune \u00c9tat et elle a contribu\u00e9 au sous-d\u00e9veloppement chronique du pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les estimations du montant qui pourrait \u00eatre \u00ab restitu\u00e9 \u00bb aujourd\u2019hui varient \u00e9norm\u00e9ment :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certaines parlent de 20 \u00e0 30 milliards de dollars ; d\u2019autres vont au-del\u00e0 selon les m\u00e9thodes de calcul. Le d\u00e9bat est tr\u00e8s cliv\u00e9. Les partisans des r\u00e9parations disent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une injustice historique document\u00e9e, que la France s\u2019est enrichie gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019esclavage et \u00e0 cette dette et qu\u2019une r\u00e9paration serait un geste de justice historique. Les opposants r\u00e9pondent qu\u2019il est difficile de r\u00e9parer financi\u00e8rement des faits vieux de deux si\u00e8cles,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">que les responsabilit\u00e9s historiques sont complexes ou qu\u2019il faut privil\u00e9gier l\u2019aide au d\u00e9veloppement plut\u00f4t qu\u2019un remboursement direct.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, la France reconna\u00eet de plus en plus le caract\u00e8re injuste de cette dette, mais aucune restitution financi\u00e8re officielle n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pierre Guillon de Princ\u00e9 a le m\u00e9rite d&#8217;avoir jet\u00e9 un pav\u00e9 dans la marre sur la complexit\u00e9 de sujets&nbsp; \u00e0 la fois historiques, politiques et humains, qui sont aujourd\u2019hui au centre de nombreux d\u00e9bats sur la m\u00e9moire coloniale, les r\u00e9parations.&nbsp; Les excuses et le travail associatif sont n\u00e9cessaires pour ouvrir la voie \u00e0 ces projets concrets.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le plus dur reste \u00e0 faire : Les symboles sont nobles, mais la vraie r\u00e9paration ne commencera que lorsque des actions concr\u00e8tes seront men\u00e9es pour que les d\u00e9dommagements soient visibles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Martine MILARD<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Paris, France<\/strong><\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>POUR UN DIALOGUE EN TOUTE HUMANIT\u00c9 \u201cUn \u00eatre humain est libre, non quand l&#8217;autre ne l&#8217;est pas, mais quand l&#8217;autre<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":1213,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"give_campaign_id":0,"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-1211","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-rubriques"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1211","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1211"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1211\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1215,"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1211\/revisions\/1215"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1213"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1211"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1211"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/magazinehaitiespoir.site\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1211"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}