Des dizaines de gens, parmi lesquels il était difficile de déterminer qui étaient sains d’esprit, presque normaux ou malades mentaux, se sont défilés à l’Hôtel Montana, à Port-au-Prince, le Mercredi 4 Février 2026 pour soumettre leurs candidatures aux postes “vacants” de Premier Ministre et de Président Provisoire de la République.

Ils répondaient à un “appel à candidature” lancé par la branche rebelle du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) menée par les Conseillers-Présidents Louis-Gérald Gilles, Edgard Leblanc Fils et Leslie Voltaire dont le mandat arrive à terme le 7 Février 2026. Il s’agit encore de 3 hommes sanctionnés par le Gouvernement des USA, soit pour leur soutien présumé aux gangs criminels, soit pour leurs positions politiques jugées par Washington comme étant nuisibles à la stabilité gouvernementale et la lutte contre les bandes armées qui mettent le pays à genou.

Pendant 22 mois, le CPT avait pour mission de réaliser la réforme constitutionnelle, rétablir la sécurité publique et réaliser les élections. Aucun de ces objectifs n’a été atteint. Au contraire, la situation s’est empirée depuis. Ce qui a porté une bonne partie de la classe politique haïtienne et la communauté internationale à leur demander de laisser gentiment les clefs sous la porte, laissant aux forces vives de la Nation, avec le soutien de l’International, le soin de trouver un modus operandi pour assurer la continuité de l’Etat haïtien déjà en déliquescence.

Pour protéger leurs arrières, ces 3 Conseillers-Présidents sur les 9 du CPT, ont organisé, afin de pourvoir eux-mêmes à leur remplacement, des assises boudées par la majorité de leurs pairs et la plupart des partis politiques majeurs. Alors se pose la question de légitimité pour une opération politique de si grande envergure.

La Communauté internationale ou le Gouvernement des USA qui soutient le pays dans ces moments très difficiles, avait suggéré de laisser en place l’actuel Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé pour liquider les affaires courantes, en attendant de dégager une solution idoine, ou peut-être jusqu’aux élections.

Sur ces entrefaites, trois bateaux de la marine de guerre et de la garde côtière des USA se sont accostés à Port-au-Prince. Pour lutter contre les trafics de drogue et d’armes par voie maritime dans la Caraïbe et en Haïti, et apparemment, aux fins d’éviter tout dérapage, vu que les thermomètres politiques sont au rouge à Port-au-Prince.

Cela nous rappelle le 28 Juillet 1915 quand les Marines des USA débarquèrent au même wharf de Bizoton, suite aux troubles ayant conduit au lynchage du Président Vilbrun Guillaume Sam par la populace en colère. Les temps ont changé. Aujourd’hui, le Droit International n’aurait plus de provisions pour ces interventions correctrices des Etats en déliquescence, si ce n’est pour des raisons humanitaires.

En Haïti actuellement, n’est-on pas en train de vivre la plus terrible des catastrophes humanitaire, économique, politique, social, culturel et écologique de toute sa vie nationale? L’histoire est-elle en train de se répéter? On ne le sait. Mais, au moins une chose est sûre et certaine d’une manière ou d’une autre, il faudra enfin mettre fin à cette tragi-comédie haïtienne qui a trop longtemps duré…