ÉDITORIAL
Haïti/Coupe du Monde de football:
MÉDIOCRISME ET BAISSE DES STANDARDS !
Par Jean Hénoc Faroul
La sélection nationale masculine de football va participer à la prochaine phase finale de la Coupe du Monde de la Fédération Internationale de Football Amateur (FIFA), qui sera organisée conjointement par les États-Unis d’Amérique, le Canada et le Mexique, du 11 Juin 2026 au 19 Juillet 2026. Ce sera la 23ème édition du tournoi, laquelle mettra aux prises 48 équipes nationales. Le nombre de participants à la plus grande célébration sportive mondiale, a varié au fil des années. Ou mieux, au fil de la mondialisation de ce sport où l’Europe dominait et domine encore. Sa phase finale réunissait 16 équipes de 1934 à 1978 ; 24 équipes de 1982 à 1994 ; 32 équipes de 1998 à 2022, et va mettre en compétition 48 équipes, à partir de l’édition 2026.
Après toute une série de péripéties, la sélection nationale d’Haïti a pu, de justesse, obtenir sa qualification. Elle signe donc son retour à la cour des grands, après 52 ans d’absence. Un fait majeur lui a facilité les choses : l’absence en phase de qualification des poids lourds de sa confédération (CONCACAF), que sont les USA, le Mexique et le Canada. Pour être les pays organisateurs de cette édition, les 3 compères d’Amérique du Nord ont bénéficié de la qualification d’office ! Pourtant, une vive célébration de cette qualification s’est emparée des Haïtiens de l’Intérieur et de la Diaspora. Une célébration d’autant plus folle que la qualification était quasi-inespérée.
Pour des gens de ma génération, qui avions suivi la Coupe du Monde de 1974, cette liesse inopportune ne devrait pas nous entrainer. Non pas que cette qualification ne devrait pas nous réjouir, mais elle ne saurait nous faire oublier trois choses :
1.- Haïti avait participé à la phase finale de la Coupe du Monde de football en 1974, quand elle ne réunissait que 16 pays des 5 continents !
2.- A l’époque, tous les joueurs de cette sélection évoluaient en Haïti, sous la direction d’entraineurs et de préparateurs physiques, tous Haïtiens de l’intérieur.
3.- En 1970 et 1978, Haïti avait raté d’un cheveu sa qualification. Comme pour dire que le niveau de notre foot faisait du pays l’une des 16 premières puissances footballistiques de la planète.
Aujourd’hui, c’est exactement le contraire. Il faut chercher avec une lampe, comme Diogène en plein midi, au sein de la sélection nationale masculine de football, des joueurs juridiquement Haïtiens ou évoluant en Haïti. Ce sont pour la plupart des sportifs étrangers d’origine haïtienne qui évoluent aux quatre coins du Monde. On dirait presqu’une armée de ‘’mercenaires’’. Cette situation existait bien avant que la société haïtienne ne se soit criminalisée, au point où l’insécurité tient même le sport en otage.
L’exaltation haïtienne face à cette qualification, somme toute appréciable, est révélatrice de beaucoup de choses négatives, dont :
- la médiocrité ambiante en Haïti depuis une quarantaine d’années, ou même bien avant ;
- le ‘’médiocrisme’’ (la préférence du médiocre ou du nul) que la permanence de la médiocrité sonore a fini par créer ;
- l’inversion des valeurs ou l’antivaleur ; et
- la baisse des standards.
Dans le sport, comme dans tous les autres aspects de la vie quotidienne, la société haïtienne fait malheureusement montre d’une dégénérescence. Des gens dont les ancêtres ont aidé à libérer tout le continent américain, et servi de modèle à toute l’humanité, se complaît désormais indéfiniment dans la crasse et la bêtise. Et pis encore, le cœur joyeux ; sans en avoir conscience. La persistance du mal a fini par nous entrainer dans un processus mental d’intériorisation qui nous porte à nous réjouir du très peu et à normaliser l’inacceptable.
La plupart des matches auront lieu chez le Grand voisin dont le Premier Magistrat voit en Haïti (a shit hole) ‘’un trou de merde’’. Pour lui, les supporters de cette équipe nationale sans honneur, devraient être tenus à distance. L’homme au franc parler, exprime toujours le fond de sa pensée sans aucune contrainte, sans aucune retenue, sans ménagement. Si cette posture blesse, mais du moins elle a la vertu de flageller l’amour-propre, plutôt que de flatter les bas instincts. Rien ne montre dans la conduite des affaires publiques haïtiennes, que des gens, revenus, un tantinet, à de meilleurs sentiments, aient pris des résolutions, la ferme décision de changer de cap …
Bonne chance aux Grenadiers !
Me. Jean Hénoc Faroul, M.A
- Maitre en Droit/Relations Internationales,
- Licencié en Droit,
- Licencié en Communication Sociale,
- Certifié en Administration Publique,
- Certifié en Analyse de l’Information (ONU, Norwegian Defence International Center,NODEFIC, Oslo, Norvège),
- Certifié en Droits Humains (Université du Pays Basque, Espagne),
- Journaliste de carrière,
- Ancien fonctionnaire de l’ONU,
- Ancien cadre du Programme d’Appui aux Partis Politiques du National Democratic Institute (NDI)
