Actualité Nationale D'Haïti

Corruption et Transparency International.

Haïti parmi les pays les plus corrompus au monde en 2025.

L‘indice, qui mesure la perception de la corruption par des experts et des entrepreneurs à travers 13 sources indépendantes, note une absence totale de progrès pour Haïti depuis plusieurs années. Le score de 16 reste identique à celui de 2024 (ou en légère baisse selon certaines compilations), marquant une décennie de déclin : autour de 24 points en 2012, il oscille désormais entre 16 et 18. Dans la région des Amériques, où la moyenne stagne à 42/100, Haïti figure parmi les trois pires performers avec le Venezuela (10) et le Nicaragua (14), soulignant un cercle vicieux où la corruption alimente la violence, mine les institutions et entrave tout développement. Les facteurs expliquant ce positionnement dramatique sont multiples et interconnectés.

L‘instabilité politique chronique, marquée par l‘absence d‘élections crédibles depuis des années et des transitions forcées, a créé un vide institutionnel propice à la capture de l‘État par des élites et des intérêts privés. La violence incontrôlée des gangs armés, qui dominent de vastes territoires dans la région métropolitaine de Port au Prince et ailleurs, a extorqué des fonds publics, infiltre les administrations et paralyse toute tentative de réforme.

L‘impunité bat son plein et reste quasi totale : le système judiciaire, faible et peu indépendant, n‘a pas réussi à traduire en justice les scandales majeurs, à l‘image des milliards détournés dans l‘affaire PetroCaribe, qui continue de symboliser l‘absence de responsabilité.

Transparency International a insisté sur le rôle aggravant du crime organisé, dont les liens avec la corruption publique – trafics de drogue, d‘armes et de migrants – minent  la  sécurité  nationale  et  l‘économie.  Sans

Dans son dernier rapport sur la perception de la corruption (CPI) publié ce jour, Transparency International place Haïti au rang 169 sur 182 pays évalués, avec un score stagnant de 16 sur

100. Ce classement confirme la persistance d‘une corruption perçue comme extrêmement élevée dans le secteur public haïtien, plaçant le pays parmi les 14 nations les plus affectées à l‘échelle mondiale, aux côtés de l‘Afghanistan

(16) et du Myanmar (16), et juste devant des États en crise comme la Syrie (15) ou le Soudan du Sud (9).

institutions solides, sans justice indépendante et sans mesures audacieuses contre l‘impunité, la corruption continue d‘alimenter un cycle destructeur : services publics défaillants (santé, éducation, infrastructures), aide internationale souvent inefficace ou détournée, économie informelle dominante, et une défiance profonde de la population envers l‘État.

Pour les Haïtiens, ces chiffres ne sont pas abstraits. Un score aussi bas se traduit par des hôpitaux sans médicaments, des écoles fermées, des routes impraticables et une insécurité généralisée qui pousse des milliers à fuir le pays. Alors que le monde observe un recul global de la lutte anticorruption avec une moyenne mondiale tombée à 42 pour la première fois en plus d‘une décennie, Haïti illustre tragiquement les conséquences d‘un leadership défaillant et d‘institutions cooptées.

Transparency International appelle à des réformes urgentes : renforcement de l‘indépendance judiciaire, transparence accrue des finances publiques, inclusion citoyenne dans la gouvernance et une lutte concertée contre les gangs. Sans ces changements profonds, le pays risque de demeurer enlisé au bas du classement, au détriment de sa population déjà durement éprouvée par les crises successives.

Alex Calas,

Communicateur, Journaliste,

Analyste, sociopolitique, Relationniste, Facilitateur des activités événementielles,

Défenseur des Droits Humains et Directeur Exécutif de Observatoire Haïtien pour le Droit et la Liberté de la Presse (OHDLP).

Email : ohdlphaiti@gmail.com ;Phone +509 3639 5588.

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