ENVIRONNEMENT
Le changement climatique :
Outil de manipulation géoéconomique ou réalité scientifique ?
Yves Junior VANCOL
Le changement climatique suscite aujourd’hui un débat mondial où s’entremêlent science, économie et géopolitique. Certains y voient un instrument de domination géoéconomique utilisé par les puissances industrielles pour orienter les politiques des pays en développement. D’autres, s’appuyant sur des données empiriques, le considèrent comme une réalité scientifique incontestable. Cette dualité invite à une analyse objective des faits et des perceptions.
La modification des phénomènes naturels
Les scientifiques observent une transformation continue des conditions climatiques à l’échelle planétaire.
Les phénomènes naturels — pluie, sécheresse, vents violents — existaient bien avant l’ère industrielle. Cependant, ils deviennent aujourd’hui plus fréquents, plus intenses et plus imprévisibles.
Cette évolution est attribuée à l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère depuis la révolution industrielle. Le changement climatique ne crée donc pas de nouveaux phénomènes ; il exacerbe ceux qui existaient déjà, amplifiant les catastrophes naturelles.
Haïti : une vulnérabilité structurelle
Haïti, bien qu’ayant peu contribué aux émissions mondiales, subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Les observations récentes montrent :
– une hausse des températures,
– une irrégularité croissante des pluies,
– des inondations plus fréquentes,
– une pression accrue sur les ressources hydriques,
– une dégradation accélérée des terres.
Une atmosphère plus chaude retient davantage de vapeur d’eau ; les pluies deviennent alors torrentielles. Dans un pays où les systèmes de drainage sont insuffisants, les inondations se transforment en désastres humains et économiques.
Les conséquences environnementales et socio‑économiques.
Innondation en Haiti.
Les conséquences environnementales sont assez nombreuses :
– Sécheresse et stress hydrique : évaporation accélérée, sols desséchés, baisse des réserves d’eau.
– Feux de brousse : végétation desséchée servant de combustible, incendies incontrôlables.
– Santé publique : coups de chaleur, déshydratation, maladies cardiovasculaires et respiratoires.
– Agriculture et sécurité alimentaire : baisse de productivité, perte de revenus, insécurité alimentaire.
Ces impacts fragilisent davantage les pays en développement, où les infrastructures et les politiques d’adaptation demeurent limitées.
Le discours des climato‑sceptiques
Les climato‑sceptiques soutiennent que les changements observés relèvent de cycles naturels : après une ère glaciaire viendrait une ère chaude. Pourtant, les données scientifiques démontrent que la fréquence et l’intensité des phénomènes extrêmes dépassent les variations naturelles connues.
Les facteurs humains aggravants
Les catastrophes ne sont pas uniquement d’origine naturelle. Les comportements humains accentuent les risques de :
– déforestation,
– destruction des zones humides,
– occupation des zones inondables,
– déversement des déchets dans les canaux,
– exploitation abusive des ressources naturelles.
Ces pratiques réduisent la capacité de l’environnement à protéger les populations. Les écosystèmes jouent un rôle essentiel dans la régulation des températures, la stabilisation des sols et la prévention des inondations.
Mythe ou réalité ?
Le changement climatique est à la fois une réalité scientifique et un enjeu géopolitique. Sa perception dépend du prisme par lequel on l’analyse :
– scientifique, lorsqu’on observe les données empiriques ;
– économique, lorsqu’on évalue les rapports de pouvoir entre nations ;
– social, lorsqu’on mesure ses effets sur les populations vulnérables.
Reconnaître cette complexité est essentiel pour construire une gouvernance climatique équitable et solidaire.
Yves Junior VANCOL, Ing

