ÉDITORIAL
Haïti /Communauté Internationale: la Troublante Vérité !
L‘audition du Chargé d‘Affaires des USA en Haïti, Ambassadeur Henry T. Wooster, et de l‘entrepreneur Austin K. Austin, par une sous-Commission du Sénat étatsunien le Mardi 10 Février 2026, était une affaire purement interne du Gouvernement Fédéral des USA, même si elle concernait directement Haïti. Le Parlement des Etats-Unis voulait s‘enquérir de :
- l‘ampleur de la crise humanitaire et sécuritaire en Haïti ;
- ses conséquences externes probables ; et
- ce que fait son Exécutif en Haïti, avec les ressources matérielles, financières et humaines provenant de son pays.
En d‘autres circonstances, de tels débats seraient, à juste titre, jugés sinon inappropriés, car la quête de solutions aux problèmes d‘Haïti, serait avant tout une initiative haïtienne, même avec le soutien de la communauté internationale. Les élites haïtiennes ont fait tant et si mal que ni les Haïtiens, ni l‘opinion mondiale ne croient plus en la bonne volonté et la capacité haïtiennes à résoudre cette crise multidimensionnelle. Les ressources morales n‘en sont surtout pas au rendez-vous ! Un exemple : alors que le salaire annuel du Président des USA est de 400 mille dollars US, celui des 9 membres de l‘ex-Conseil Présidentiel de Transition (CPT) avoisinait les 6 048 000 USD, soit plus de 15 fois ! Et pour quels résultats ?
Dans leurs dépositions tant écrites que verbales, Wooster et Holmes ont témoigné sur la crise humanitaire et sécuritaire qui ravage la nation caribéenne en ce moment, et ont proposé un cadre pratique pour une stabilisation à long terme du pays et la gestion rapide de cette grave crise multiple qui a des répercussions humanitaires et stratégiques pour les Etats-Unis et d‘autres pays de la région, comme les Bahamas, la Jamaïque, le Mexique et certains pays de l‘Amérique Centrale.
Déjà en République Dominicaine, on se questionne sur l‘implication de la présence de bateaux de guerre des USA dans les eaux de sa voisine Haïti. Tout comme les Dominicains se démenaient et se démènent encore pour gérer, pas toujours dans les meilleures approches humanistes possibles, le flux de migrants haïtiens chassés de leur pays en proie aux plus grandes détresses causées par l‘implosion totale de l‘appareil d‘Etat.
Les inquiétudes dominicaines rappellent qu‘en Février 1821- il y a donc exactement 105 ans- la République d‘Haïti s‘était dite obligée d‘intervenir et d‘annexer l‘ex- colonie espagnole pour garantir sa propre sécurité et liberté, car les habitants de l‘Est appelaient sur l‘île des pays esclavagistes comme l‘Espagne, la France, l‘Angleterre et les USA. À l‘époque Haïti, bien que deux fois moins vaste, y était la nation hégémonique sur les plans militaire, politique et économique. Aujourd‘hui la roue a tourné : ce sont désormais les Dominicains les plus forts, et hégémoniques. Mais, Dieu soit loué, les forces étrangères que la situation déplorable d‘Haïti amène sur l‘île et dans les mers environnant ses voisins, ne sont pas hostiles à la République Dominicaine.
Encore drapés dans un nationalisme misérabiliste, un patriotisme douteux au regard d‘actions plus éloquentes que les discours, et un souverainisme démodé, de nombreux compatriotes se sont rendus à peine compte de l‘ampleur et des conséquences incontournables du tort que deux siècles d‘insouciance et de méchanceté, ont causé au prestige haïtien hérité de 1791 et 1804, et au bien-être du peuple haïtien. N‘admirons plus, ne regardons plus, sans voir !
Me. Jean Hénoc Faroul, M.A
- Maitre en Droit/Relations Internationales,
- Licencié en Droit,
- Licencié en Communication Sociale,
- Certifié en Administration Publique,
- Certifié en Analyse de l’Information (ONU, Norwegian Defence International Center, NODEFIC, Oslo, Norvège
- Certifié en Droits Humains (Université du Pays Basque, Espagne),
- Journaliste de carrière,
- Ancien fonctionnaire de l’ONU,
Ancien cadre du Programme d’Appui aux Partis Politiques du National Democratic Institute (NDI)
