ÉDITORIAL
PORT-AU-PRINCE: MOURIR POUR MIEUX RENAÎTRE!
Depuis plusieurs semaines, les forces publiques haïtiennes mènent une lutte acharnée à la capitale pour déloger les bandes armées des zones qu’elles occupent au Centre-ville. Grâce aux récentes frappes de drones kamikazes, à l’avancée des véhicules blindés et aux combats de rues dans ces quartiers hors la loi, on observe un recul, dont on ignore s’il est stratégique, des groupes armés illégaux face aux forces de l’ordre. Cela a permis la réouverture de certains axes routiers et une timide reprise des activités commerciales à l’angle de l’autoroute de Delmas et du boulevard de l’Aéroport.
Un bref passage à travers ces artères momentanément dégagées nous a permis d’être témoins oculaires de dévastations si immenses que toute réparation ou rafistolage semble à la fois impossible et inutile. Le monstre paraissait animé d’un dessein inavouable. Tous les édifices publics, les entreprises commerciales et industrielles, les écoles, les églises, les habitations, les toits en béton ou en bois ont été rasés, brisés ou incendiés. Rien de ce qui tient debout n’a été épargné ! On n’en croirait pas ses yeux !
Ces destructions systématiques ont réduit le centre commercial, culturel et administratif de la capitale haïtienne en un amas de ruines totales. On s’interroge, stupéfaits : combien d’Attila et de Gengis Khan se sont abattus sur Port-au-Prince ? Et dans quel but ? Qui aurait pu imaginer que des Haïtiens infligeraient une telle tragédie à leur propre ville, à leurs concitoyens, à leur pays ? Ces événements extraordinaires alimentent les théories du complot. Si des complots ont été ourdis, alors ils nous ont bien dupés. Avouons-nous donc vaincus ! Peu importe ! L’heure n’est plus aux accusations, mais à la réparation des dégâts causés !
Le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, qui avait coûté la vie à près d’un demi-million de personnes, aurait pu offrir aux autorités une chance unique de reconstruire une capitale moderne. Mais, comme toujours, elles s’en sont désintéressées. Plutôt que de saisir cette opportunité, elles ont laissé les habitants rebâtir des taudis encore plus précaires sur les ruines. En 2026, la coalition armée appelée Viv Ansanm a achevé, consciemment ou non, la destruction commencée par le tremblement de terre.
Demain, dans cette commune fantôme, la circulation pourra bien reprendre, les poches de bandits nettoyées, mais la réalité restera inchangée : Port-au-Prince ne pourra pas être réparée à moitié. La métastase est trop profonde, infiltrant les cellules, tissus, organes, systèmes, et l’organisme même de la capitale. Il est désormais crucial de la reconstruire totalement, sur des bases nouvelles, en ce lieu idéalement situé au bord du calme et paisible golfe de la Gonâve.
L’urgence exige la célérité. Les appels d’offres internationaux auraient dû être lancés et les concessions attribuées dès 2010 ! Port-au-Prince est la capitale la plus en retard, la plus dégradée des Amériques. Grâce aux avancées technologiques et à l’architecture urbaine postmoderne disponibles aujourd’hui, elle pourrait devenir l’une des plus grandes villes du monde.
Mais qui remportera ces appels d’offres ? Qui se partagera les contrats et concessions pour les travaux et services publics ? Elon Musk ? Le prince Charles ? La China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) ? Il y aura de la place pour tous, chacun selon sa spécialité !
Me. Jean Hénoc Faroul, M.A
- Maitre en Droit/Relations Internationales,
- Licencié en Droit,
- Licencié en Communication Sociale,
- Certifié en Administration Publique,
- Certifié en Droits Humains (Université du Pays Basque, Espagne),
- Journaliste de carrière,
- Ancien fonctionnaire de l’ONU,
- Ancien cadre du Programme d’Appui aux Partis Politiques du National Democratic Institute (NDI
