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La responsabilité haïtienne dans le chaos actuel

Par Yves Junior VANCOL, Ing

Depuis l’assassinat de l’Empereur Jacques en 1806, Haïti vit dans une spirale de crises et de désordres. Trop souvent, le réflexe est d’accuser l’étranger qu’il soit Américain, Européen ou autre comme responsable de nos malheurs. Pourtant, la vérité est plus brutale : ce sont nos propres schémas de pensée, nos croyances et notre incapacité à évoluer qui nous enferment dans ce chaos. Le danger n’est pas seulement extérieur, il est enraciné dans notre mentalité collective.

Le faux prétexte de l’ingérence étrangère

– Accusation des États-Unis : Beaucoup affirment que les Américains, qu’ils soient démocrates ou républicains, sont la source de nos souffrances.  

– La réalité : Les États-Unis sont une puissance mondiale, riche et organisée, qui a bâti son hégémonie en 250 ans d’existence. Ils ne sont pas responsables de notre incapacité à construire un État solide.  

– Le contraste : Alors que, ce sont les Américains qui fixent les règles du jeu mondial, nous autres, nous continuons à nous enliser dans des querelles internes et des illusions depuis 222 ans.

La véritable cause : nos propres choix

– Mentalité de survie : Nous nous contentons de survivre au lieu de créer, construire et transmettre.  

– Création du marché de l’insécurité : Ce ne sont pas les étrangers qui ont inventé l’insécurité en Haïti. Ce sont nos propres dirigeants, politiciens, commerçants et certaines organisations de défense des droits humains qui ont alimenté et structuré ce marché.

  Non seulement ces acteurs sont les instigateurs du marché de l’insécurité, mais ils ont également divisé une partie de la population noire défavorisée en trois catégories distinctes.
– La première regroupe ceux qui, contraints de quitter le pays, travaillent durement à
l’étranger afin d’envoyer des fonds en Haïti pour soutenir leurs proches restés sur place.
– La deuxième catégorie est constituée de ceux qui ne travaillent pas, mais qui consomment grâce aux transferts financiers venus de l’étranger.
– Enfin, la troisième catégorie est celle que l’on a transformée en délinquants et criminels.

Ces trois groupes sont instrumentalisés pour générer des milliards de dollars. Leur
mission est claire :
accumuler des richesses en détruisant Haïti. Ces réseaux destructeurs, dépourvus de
scrupules, contrôlent aujourd’hui l’économie,
la sphère politique, les institutions publiques et le marché de l’insécurité. Et pourtant, ils s’empressent de clamer que la responsabilité du chaos incombe aux puissances étrangères.

En réalité, ce sont ces réseaux destructeurs eux-mêmes, présents dans divers secteurs de la vie nationale — organisations de défense des droits humains, acteurs politiques, commerçants et autres — qui alimentent et entretiennent la déstabilisation du pays.

– Transformation des opprimés en acteurs armés : Les groupes armés, initialement marginalisés, sont devenus des acteurs économiques puissants, contrôlant des milliards et imposant une fiscalité parallèle. Ils incarnent un véritable « État dans l’État ».

Les conséquences

– Jeunesse compromise : Les jeunes se retrouvent piégés dans une société où les armes et la violence sont devenues des voies de réussite.  

– Économie paralysée : L’insécurité freine tout développement, détourne les investissements et nourrit une double fiscalité illégale.  

– Crédibilité nationale détruite :

     Les acteurs armés apparaissent parfois plus  crédibles que leurs créateurs.

     ce qui mine la légitimité des institutions publiques et privées.

Appel à la responsabilité et à la révolution citoyenne

Il est temps de briser le cercle vicieux :  

– Dénoncer les véritables créateurs du chaos : Certaines Organisations de défense des droits humains manipulées, des politiciens corrompus, des commerçants opportunistes etc.

– Rejeter la mentalité de survie : Aucun peuple ne peut se contenter de survivre. Il doit créer, construire et transmettre.  

– Révolution citoyenne : Seule une mobilisation collective peut mettre fin à la fabrication d’acteurs armés et rétablir l’ordre institutionnel.

Haïti ne pourra jamais se relever tant que nous continuerons à accuser les autres au lieu de nous regarder en face. Nous sommes les architectes de notre pauvreté et de notre chaos. Tant que nous refuserons de prendre nos responsabilités, nous resterons prisonniers d’une hallucination collective où les acteurs armés dominent et où l’avenir est compromis.  

Il est urgent de réveiller la conscience nationale et de lancer une véritable révolution citoyenne pour briser ce cycle infernal.

Yves Junior VANCOL, Ing

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