Actualité Nationale D'Haïti

Pouvoir monocéphale en Haïti : PM Alix Didier Fils-Aimé, produit des Américains ou de la classe politique ?

Le maintien du Premier ministre Alix Didier Fils- Aimé soulèverait une interrogation cruciale : serait- il le fruit d‘une pression américaine ou le résultat d‘un calcul interne de la classe politique haïtienne ?

Deux hypothèses circuleraient :

  1. Les États-Unis auraient imposé Fils-Aimé comme option incontournable.
  2. La classe politique, pour éviter les négociations multiples, aurait choisi de concentrer le pouvoir entre les mains d‘un seul homme.

À l‘analyse, la seconde hypothèse semblerait plus solide. Selon certains observateurs, elle s‘inscrirait dans une logique déjà observée lors du choix de PM Ariel Henry au détriment de Claude Joseph. Les acteurs politiques haïtiens ne seraient pas naïfs : leur survie dépendrait de leur capacité à préserver leur accès au pouvoir.

Une stratégie politique calculée
La classe politique haïtienne, loin d‘être « bête », saurait que son industrie principale resterait la politique. Elle préférerait négocier avec un seul interlocuteur plutôt que de composer avec une pluralité de voix. En ce sens, le maintien du PM Alix Didier Fils-Aimé refléterait une stratégie de simplification et de concentration du pouvoir.
Le nouveau gouvernement qui se dessinerait serait un miroir de la relation entre élite politique et élite économique. Mais il devrait affronter trois défis majeurs

  • La lutte contre les gangs armés.
  • La gestion de 1,6 million de déplacés internes.
  • L‘organisation d‘élections crédibles.

La manipulation des consciences
On voudrait nous faire croire qu‘intégrer un gouvernement ferait de vous un voleur. Ce serait une stratégie perverse, inventée par les véritables prédateurs politiques pour décourager les citoyens honnêtes. Résultat : les malfaiteurs garderaient le terrain, et les stratèges sérieux resteraient à l‘écart.

Haïti n‘aurait pas besoin de figurants. Elle aurait besoin de stratèges, de bâtisseurs, de leaders capables de définir une route claire hors du gouffre.

Les conditions d’un atterrissage réussi :

Pour éviter l‘effondrement, le gouvernement Fils-Aimé devrait impérativement :

  1. Élaborer un plan national de sauvetage.
  2. Garantir un budget crédible.
  3. Fixer un calendrier précis.
  4. Obtenir l‘appui international.
  5. Restaurer la confiance populaire.
  6. S‘entourer de patriotes sincères, prêts à risquer leur confort pour la sécurité et la stabilité du pays.

Il serait trop facile de pointer du doigt les Américains à chaque événement politique. La vérité serait que la classe politique et économique haïtienne joueraient un rôle  central dans ces choix. Ce sont elles qui formuleraient les propositions à l‘international.

La décision de maintenir Alix Didier Fils-Aimé ne serait pas nécessairement une imposition extérieure, mais pourrait bien être une préférence interne : négocier avec un seul homme plutôt qu‘avec dix.

Rappelons que 90 % de l‘espace du pouvoir fut contrôlé par les neuf membres du CPT. La classe politique aurait choisi la voie de la concentration. Mais cette stratégie, si elle n‘était pas accompagnée de vision, de courage et de sincérité, risquerait de transformer le pouvoir monocéphale en un pouvoir stérile, incapable de répondre aux urgences nationales.

Et si tel était le cas : Quelle sera la nouvelle alternative ?

Yves Junior VANCOL, Ing.

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