Actualité Nationale D'Haïti

HAITI-POLITIQUE

ALIX DIDIER FILS-AIMÉ MAINTIENT LE CAP!

Comme on pouvait s’y attendre, il ne s’est rien passé le Lundi 8 Juin 2026, date considérée par une partie de l’opposition haïtienne comme étant celle de la ‘’fin de mandat’’ du Premier Ministre-Président Alix Didier Fils-Aimé. Celui-ci, pas vraiment inquiété, est resté en poste sur la base du ‘’Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections’’ du 21 Février 2026 qui lui a donné une mission, celle de finaliser la transition entamée par l’ex-Conseil Présidentiel de Transition (CPT), sans aucun mandat précis. En effet, l’Article 2 du Pacte stipule qu’ : << À la fin du mandat du conseil présidentiel de transition le 7 février 2026, le conseil des ministres sous la présidence du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé exerce le pouvoir exécutif jusqu’à l’organisation des élections conformément au calendrier électoral établi par le conseil électoral provisoire. >>

Signé par les principales organisations politiques du pays, ce document avait pour objectif d’obtenir un minimum de consensus politique et de légitimité pour une formule de gouvernement exceptionnelle, vu que certaines provisions de la Constitution n’étaient pas applicables en raison de l’absence du Parlement. Parmi la multitude d’organisations politiques et de la société civile qui l’avaient endossé, figurent des partis politiques majeurs, comme :

  • Fanmi Lavalas de l’ancien Président Jean-Bertrand Aristide ;
  • Le Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK) des anciens Présidents Michel Martelly et  Jovenel Moïse.
  • Accord du 21 Décembre, de l’ancien Premier Ministre-Président Ariel Henry ;
  •  Les Engagés pour le Développement (EDE) de l’ancien Premier Ministre Claude Joseph ;
  • Renmen Ayiti de l’ancien Premier Ministre et candidat à la Présidence Jean Henri Céant.

Objectivement, pour les signataires dudit Pacte il s’avère mal aisé de se référer à l’article 149 de la Constitution qui établit qu’ : <<En cas de vacance de la Présidence de la république soit par démission, destitution ou en cas d’incapacité physique ou mentale permanente dûment constatée, le conseil des ministres, sous la présidence du premier ministre, exerce le pouvoir exécutif jusqu’à l’élection d’un autre président.

Dans ce cas, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République pour le temps qui reste à courir a lieu soixante (60) jours au moins et cent vingt (120) jours au plus après l’ouverture de la vacance, conformément à la Constitution et à la loi électorale.

Dans le cas où la vacance se produit à partir de la quatrième année du mandat présidentiel, l’Assemblée Nationale se réunit d’office dans les soixante (60) jours qui suivent la vacance pour élire un nouveau Président Provisoire de la République pour le temps qui reste à courir.>>

Ces organisations savaient qu’il n’y avait de date-butoir, mais juste une mission. << Ce ‘’jusqu’à l’élection d’un autre Président >> faisait preuve d’une confiance absolue au sérieux et l’honnêteté de Fils-Aimé à qui on avait donné un blanc-seing.

Il ne s’agissait pas de naïveté, puisque le délai de 120 jours s’avérait pratiquement impossible, et pour rétablir un climat de sécurité, encore moins pour réaliser les élections.

Les demandes de démission de Fils-Aimé à l’échéance du 8 Février 2026, ne peuvent provenir que :

  • de signataires du Pacte insatisfaits de son bilan ;
  • de non-signataires ou contempteurs qui n’avaient jamais accepté son maintien à la Primature ;
  • de non-signataires ou contempteurs n’ayant pas digéré son Exécutif monocéphale ;
  • d’intérêts liés au maintien du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) tel qu’il était ou replâtré,  au-delà du 7 Février 2026 ;
  • de gens neutres qui attendaient de le voir se prouver au pied du mur de l’insécurité. 

Les appels à la démission de Fils-Aimé :

En effet, dénonçant la lenteur du processus électoral, les actions d’éclat des groupes armés en province  et la conclusion de certaines conventions jugées irrégulières, des opposants à la gouvernance monocépale, auxquels se sont joints certains signataires déçus du ‘’Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Elections’’, ont cru le moment venu pour renverser Fils-Aimé. Dans cette perspective, ils se sont tournés vers la Caricom et son ‘’Groupe d’Eminentes Personnalités’’, dont la visite en Haïti a été reportée sine die. Le Gouvernement n’entendrait pas voir reprendre de sitôt une autre ronde de ‘’négociations’’ qui mettrait encore en jeu son pouvoir.

Soixante-douze 72 formations politiques sur les 320 reconnues par le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) avaient adopté peu de jours avant le 8 juin une déclaration commune appelant à la démission du Premier Ministre-Président Alix Didier Fils-Aimé et son remplacement par une Gouvernance bicéphale ayant un Chef d’Etat et d’un Chef de Gouvernement. Pour eux, les 120 jours qu’établit l’article 149 de la Constitution en vigueur, a pris fin le 8 Juin 2026. D’autres leaders politiques et de la société civile ne mentionnent pas de date butoir, mais exigent que la barre soit redressée avec le départ de Fils-Aimé. 

Le nombre de 72 organisations n’est pas négligeable, mais ne semble pas trop impressionnant pour des connaisseurs de la politique haïtienne de ces dernières décennies, comme la Communauté internationale. Parmi les dirigeants politiques contestataires se détachent quelques figures ayant une certaine notoriété ou un restant de représentativité populaire.

Par exemple, l’ancien Sénateur et candidat la Présidence, Moise Jean-Charles, qui était arrivé en troisième (3e) position à deux reprises, lors des élections de 2015-2016. La coalition nationale qui avait porté, ou accepté impuissante, Fils-Aimé au Pouvoir unicéphale peut s’effriter au fil du temps et des faux pas de l’homme. Le conflit avec le CEP est devenu, pour certains, une occasion de l’affaiblir. Néanmoins, la décision finale se trouve entre les mains de la communauté internationale, d’autant que les ‘’forces’’ internes  ne semblent intéressés que par le partage de la dépouille de cet Etat mort qu’est devenu Haïti aujourd’hui

Dans l’attente du soutien de la communauté internationale :

Le corps diplomatique à la cérémonie de prise de fonction du Président du Conseil des Ministres Alix Didier Fils-Aimé, le 7 février 2026.

Jusqu’à présent, le ‘’ Core Group’’ (syndicat des grandes représentations diplomatiques accréditées en Haïti), dominé par les USA, le Canada et la France, ne s’est pas encore prononcé sur ces agitations politiques. Son intervention musclée avait été déterminante pour empêcher à l’ex-Conseil Présidentiel de Transition (CPT) de se replâtrer ou se substituer à lui-même au-delà de son mandat échu le 7 Février 2026. L’International disait ne pas vouloir d’une ‘’instabilité gouvernementale’’ dans le pays, encore moins permettre à des gens sans aucun bilan de garder indéfiniment un pouvoir perçu comme une fin en soi.

On ne sait pas si l’un ou l’autre de ces diplomates – Henry T. Wooster (USA, en fin de mission), André François Giroux (Canada) et Antoine Michon (France), est encore animé des mêmes sentiments de soutien à l’égard du Premier Ministre-Président Alix Didier Fils-Aimé. Peu semble importer pour l’instant, car le numéro 2 du Département d’Etat des USA, Christopher Landau, lors de sa visite officielle en Haïti le Vendredi 29 Mai 2026, avait apporté un soutien sans équivoque au Président du Conseil des Ministres. 

La coupe du Monde de football : Une période de trêve

Les oppositions politiques haïtiennes des 40 dernières années, sont habituées aux volte-face et autres revirements de la communauté internationale dans le dossier haïtien. A coup sûr, les éternels opposants, les nouveaux déçus et les lésés, continueront à scruter l’horizon pour déceler une désapprobation, un lâchage de Fils-Aimé par la Communauté Internationale pour continuer à s’agiter, et avoir l’occasion de lui porter le coup de boutoir. De surcroît quand ce dernier aura commis, comme Jean-Bertrand Aristide, Jovenel Moise, Ariel Henry, Gary Conille, ‘’l’erreur fatale’’.  On ne semble pas en être encore là.

Entretemps, les yeux sont tournés vers la 26ème édition de la phase finale de la Coupe du Monde de Football de la FIFA organisée conjointement par le trio USA-Canada-Mexique, du 11 Juin au 19 Juillet 2026. Avec la participation d’Haïti à la plus grande fête sportive mondiale, on devrait s’attendre à une trêve dans les activités politiques. Néanmoins, une fois la distraction terminée, le plus grand business haïtien – les luttes politiques stériles – devra reprendre ses droits ‘’as usual’’.   

Magazine HAITI-ESPOIR

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