ÉDITORIAL
Haïti/Hausse des Prix du Carburant.
GARDONS NOTRE CALME!
En raison de la guerre aux proche et moyen Orients, qui a rompu les chaînes d’approvisionnement en carburant et provoqué des tensions sur le marché de l’énergie au niveau mondial, comme on pouvait s’y attendre, les prix des produits pétroliers ont été révisés à la hausse en Haïti. Selon un avis conjoint du Ministère de l’Économie et des Finances et le Ministère du Commerce et de l’Industrie, le réajustement dans les anciens prix à la pompe de Septembre 2022, se présente ainsi, à partir du 2 Avril 2026 :
Gazoline: 725 Gourdes le gallon, au lieu de 560 Gourdes;
Diesel: 850 Gourdes le gallon, au lieu de 620 Gourdes; et
Kérosène: 845 Gourdes le gallon, au lieu de 615 Gourdes.
Par effet d’entraînement, cette hausse se répercutera sur les tarifs des transports de personnes et de marchandises, les produits alimentaires, et tous les produits de consommation courante.
En Juillet 2018, sous la Présidence de feu Jovenel Moïse, une moindre hausse des prix des produits pétroliers, avait entrainé des émeutes ayant bloqué le pays pendant près de 2 mois. Par contre, tout était resté plutôt calme des années plus tard, en Septembre 2022, quand le Premier Ministre- Président Ariel Henri avait supprimé la subvention des produits pétroliers ; ce qui avait causé une augmentation de plus de 100% des prix à la pompe. Le gallon de gazoline, par exemple, passa subitement de 250 Gourdes à 570 Gourdes. Le peuple haïtien, plus émotif que rationnel, réagit donc suivant les circonstances et son humeur.
Cette augmentation des prix de l’essence, représente un coup dur pour la population haïtienne qui fait face présentement à toutes les adversités :
- Une insécurité qui, à tout bout de champ, tue des milliers et chasse des millions de leurs demeures ;
- Une économie déjà moribonde, se trouvant affectée par les destructions des entreprises commerciales et industrielles, la coupure des axes routiers, et la perturbation des voies maritimes et aériennes.
Déjà insupportable, la douleur s’en trouvera donc aggravée !
En toute logique, on ne saurait imputer ce désastre à la gouvernance de l’actuel Président du Conseil des Ministres, M. Alix Didier Fils-Aimé. Dieu seul sait s’il y avait un moyen d’éviter cette hausse inopportune des prix du carburant en Haïti. Cependant, il pourrait constituer une cause occasionnelle d’une certaine grogne qui couvait déjà. Une sorte de dernière goutte d’eau à faire déborder le vase.
Pour éviter tout dérapage, des mesures d’accompagnement s’avèrent nécessaires afin de protéger les filets sociaux ou mesures de protection sociale, même si cela provoque un peu d’inflation.
On dit toujours qu’en Haïti seuls les drapeaux montent pour redescendre : en d’autres termes, les prix ne baissent jamais quand se dissipent les causes de leur hausse! Si on ne doit pas s’en prendre au Gouvernement pour une situation qu’il n’aura pas créée ; du moins, il sied bien de donner aux gens la garantie que les prix seront rétablis une fois la situation redevenue à la normale. Mais on sait déjà que ce ne sera pas pour demain, car les destructions sur les infrastructures pétrolières ou gazières de la région arabo-persique par les missiles et autres drones israéliens, étatsuniens et iraniens, prendront du temps pour être réparées…
Jean Hénoc Faroul
