ÉDITORIAL

QUI SERA LE PROCHAIN SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU ?

Par Jean Hénoc Faroul.

La Costaricienne Rebeca Grynspan Mayufis se trouve en meilleure position pour remporter la course au poste de secrétaire général de l’ONU parmi les six ou sept candidats en lice. C’est ce qui ressort d’un sondage basé sur le premier tour de scrutin informel réalisé au Conseil de Sécurité (CS) le Jeudi 30 Juillet 2026, qui a fuité dans les médias. Dans ce scrutin, les 15 membres du Conseil devaient choisir l’une des trois options suivantes pour chacun des candidats: « encourager », « déconseiller » ou « sans opinion ». Mme Grynspan aurait  recueilli 10 votes « encourager », suivie de l’ambassadrice du Guyana auprès de l’ONU, Carolyn Rodrigues Birkett, qui en a obtenu neuf. Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait tenir plusieurs autres tours de scrutin pour parvenir au choix final. Avec les résultats du premier tour les négociations entre les États membres et les groupes régionaux informels vont se poursuivre. Après le choix final du Conseil, la nomination doit obtenir l’approbation de l’Assemblée générale. Si elle est élue, Rebeca Grynspan deviendra la première femme secrétaire générale de l’ONU.

L’actuel secrétaire général, António Guterres, achève son second mandat de cinq ans à la fin de cette année 2026. Les six candidats en lice pour lui succéder sont :

  • la chilienne Michelle Bachelet,
  • l’équatorienne Maria Fernanda Espinosa,
  • l’argentin Rafael Grossi,
  • la costaricaine Rebeca Grynspan,
  • la guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett, et
  • le sénégalais Macky Sall.

Parmi les 6 prétendants, 5 sont originaires du sous-continent latino-américain et 1 du continent africain. Le secrétaire général sortant, Antonio Guterres, vient du Portugal, soit du groupe Occidental.  L’ONU est reparti en 5 groupes régionaux informels :

  • le groupe des Etas africains (54 membres) ;
  • l’Asie-Pacifique (53 pays), ayant un membre à droit de veto, la Chine ;
  • le Groupe des Etats d’Amérique Latine et de la Caraïbe (GRULAC, 33 membres) ;
  • le groupe des Etats d’Europe Occidentale et autres Etats (USA, Canada, Australie, Nouvelle Zélande) qui a 29 membres, dont 3 disposant du droit de veto : USA, Royaume-Uni et France ; et
  • l’Europe Orientale (23 membres), dont un membre à droit de veto, la Russie.

À propos de  Rebeca Grynspan Mayufis :

Madame Grynspan Mayufis dirige actuellement la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), un ‘’centre de recherches’’ qui aide techniquement les pays pauvres à intégrer l’économie mondiale par de meilleurs échanges commerciaux. Cette agence de l’ONU fondée en 1964, a été pratiquement supplantée depuis 1995 par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC, ci-devant Accord Général sur les Tarifs Douaniers  et le Commerce- GATT) qui fixe les règles du commerce international et en règle les conflits.

Née à San Jose de Costa Rica, la capitale du pays, le 14 Décembre 1955, elle a fait ses études universitaires à l’University of Sussex et à l’Universidad de Costa Rica. Économiste de formation, elle a exercé de hautes fonctions dans son pays:

  • Ministre du logement  (1996-1998);
  • Ministre des Affaires étrangères ;
  • Deuxième Vice-Président du Costa Rica (1994-1998).

Fonctionnaire internationale, Rebeca Grynspan a occupé des postes clés à l’ONU et au Conseil Economique pour l’Amérique Latine et la Carabe (CELAC) qui comprend 33 pays membres. 

La réforme de l’ONU :

Le mandat d’Antonio Guterres se termine dans un moment difficile pour l’organisation mondiale. Depuis sa création en 1945 suite à la Deuxième Guerre Mondiale, elle n’a jamais été confrontée à tant de difficultés :

  • On considère que son plus grand pays membre, les USA, est en train de la ‘’démanteler’’ ;
  • après avoir géré un monde multipolaire (1945-1990), elle est tombée dans l’unipolarité étasunienne, où les principes de l’organisation ont été mis à rude épreuve, notamment lors des guerres des Balkans et d’Irak ; 
  • aujourd’hui, le monde voudrait rentrer dans la multipolarité, ce qui provoque des résistances susceptibles de conduire l’humanité à une troisième guerre mondiale;
  • chaque groupe d’intérêt exige une réforme de l’ONU et de son Conseil de Sécurité, conforme à son intérêt national ou de groupe: les uns pour conserver leur domination et les nouveaux pays émergents, luttant pour une meilleure place au soleil.

L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Mike Waltz,  a déclaré après le premier tour de scrutin: « Nous avons besoin d’un secrétaire général qui réforme cette institution, qui la rende plus efficace et plus pertinente sur la scène internationale. » Le Président brésilien Luis Inacio Lula da Silva agissant en porte-parole de la majorité des pays membres, a demandé, lui aussi, une réforme profonde de l’ONU, laquelle porterait sur la révision du droit de veto des ‘’5 grands’’ et l’élargissement du Conseil de Sécurité. L’objectif final étant de parvenir à un système international plus démocratique et plus juste.

Il va sans dire donc que le prochain Secrétaire Général de l’ONU aura du pain sur la planche. 

Dieu veuille que cette révision tant désirée du système international se fasse sans heurts !

Me. Jean Hénoc Faroul, M.A

  • Licencié en Droit,
  • Licencié en Communication Sociale,
  • Certifié en Administration Publique,
  • Certifié en Analyse de l’Information
  • (ONU, Norwegian Defence International Center, NODEFIC, Oslo, Norvège),
  • Certifié en Droits Humains
  • (Université du Pays Basque, Espagne),
  • Journaliste de carrière,
  • Ancien fonctionnaire de l’ONU,
  • Ancien cadre du Programme d’Appui aux Partis Politiques du National Democratic Institute (NDI).