Actualité Nationale D'Haïti

Nouveau Bureau d’Appui de l’ONU en Haïti

DANIELA KROSLAK A DU PAIN SUR LA PLANCHE!

Des unités de la nouvelle Force de Répression des Gangs (FRG), sont attendues en Haïti au début de ce mois d’Avril 2026. Les premiers déploiements de la FRG, seront des unités de génie ayant pour tâche de préparer les bases opérationnelles qui accueilleront les nouvelles troupes. Ces dernières remplaceront les policiers Kenyans de la mission sortante, dont la plupart sont déjà retournés à Nairobi. La majorité de l’effectif de la FRG, fixé à 5,500 personnes,  sera constituée de militaires et de gendarmes originaires d’Afrique, comme le Tchad et l’Ouganda.    

Les troupes supplémentaires qui viendront renforcer ce qu’il restera de la Mission Multinationale  d’Appui à la Sécurité (MMAS) dirigée par le Kenya, arriveront en Juin 2026. La transition complète de la MMAS vers la RFG, n’a été prévue que pour le mois d’Octobre 2026. Créée en Septembre 2025 par le Conseil de Sécurité de l’ONU, la FRG devra prendre donc plus d’une année avant son déploiement complet, alors que la situation sur le terrain en Haïti en appelle à la plus extrême urgence !

Un nouveau Bureau de l’ONU en Haïti :

C’est dans ce contexte que le 19 Mars 2026 le Secrétaire Général de l’ONU, M. Antonio Guterres, a nommé la diplomate allemande Daniela Kroslak à la tête du nouveau ‘’Bureau d’Appui des Nations Unies en Haïti’’ ou  ‘’UN Support Office in Haïti’’ – (UNSOH). Cette instance onusienne assurera la coordination logistique, matérielle et opérationnelle de la FRG. La MMAS, ne faisait que soutenir la police nationale d’Haïti (PNH) avec des moyens et du personnel insuffisants ; ce qui a rendu nécessaire son remplacement, au regard des maigres résultats obtenus. Pendant sa présence dans le pays, les bandes armées, loin de disparaître, ont au contraire monté en puissance. Dans la nouvelle stratégie de l’ONU, la FRG disposera d’une autonomie d’action et sera dotée de plus grands moyens matériels et financiers. 

Le travail s’avère encore plus urgent, alors qu’il y a désormais des échéances électorales à respecter. Madame Daniela Kroslak, une experte des missions de maintien de la paix, l’a elle-même reconnu. << À l’heure où Haïti est confrontée à de profonds défis, ce nouveau mandat revêt à la fois un caractère d’urgence et de responsabilité. >>, a indiqué celle qui entend y << instaurer une plus grande stabilité, une sécurité accrue et des solutions durables.>> Elle a donc compris l’ampleur et la délicatesse de sa mission, et on s’attend à ce qu’elle s’entoure d’Haïtiens capables, bien imbus de la situation. Ancien cadre supérieur de la MINUJUST, Mme Kroslak est non seulement un grand technocrate, mais aussi un fin connaisseur de la réalité haïtienne. Pendant son absence d’Haïti, la situation s’est vraiment empirée au point de devenir catastrophique. La violence des  bandes armées, a causé dans le pays environ 6 mille morts et 3 mille blessés, entre Mars 2025 et Mars 2026.  

Mais, pourquoi tant tarder dans le déploiement de la nouvelle force ?

Il y a à cela plusieurs hypothèses :

1.-  Soit qu’on n’avait pas compté sur le déploiement complet de la Force de Répression des Gangs pour garantir la sécurité des élections. Sans doute, on a estimé que ce travail pourrait être réalisé par une partie de la FRG, les Forces Armées d’Haïti (FAd’H) et la Police Nationale d’Haïti (PNH) ;

2.- Soit qu’on savait déjà que les joutes électorales n’allaient pas avoir lieu à la date fixée par le Conseil Electoral Provisoire (CEP) ; 

3.- Soit que l’obtention des moyens financiers et des contributions de troupes, se révèle plus lente que prévue. 

On est en tout cas loin de la vitesse de croisière de cette nouvelle force multinationale qui semble handicapée par le manque de financement et de contribution de troupes de la part des pays membres. Ceux-ci ne semblent pas trop pressés à répondre aux appels de l’ONU pour une mission de construction et de maintien de la paix dans l’aire d’influence des Etats-Unis d’Amérique, au moment où le Président Donald Trump entreprend des actions qu’ils reprouvent pour la plupart. Dans un tel contexte, les Haïtiens doivent de plus en plus compoter sur eux-mêmes pour rétablir un climat de sécurité propice à la reprise des activités socio-économiques et culturelles rompues depuis 6 ans, et l’organisation des élections.

Sécurité et élections :

Dans le calendrier avancé par le CEP, le premier tour des élections avait été fixé au 30 Août 2026, soit dans moins de 5 mois ! Sans négliger l’apport des forces publiques haïtiennes dans ce combat contre l’insécurité, on comptait beaucoup sur la FRG pour rendre possibles ces comices dans le délai imparti. Or, les groupes armés maintiennent encore leur emprise sur plus de la moitié du territoire électoral : les départements de l’Ouest, l’Artibonite et du Centre. Pourtant, le rétablissement de la sécurité dans le pays, est une condition quasi indispensable à la tenue des joutes électorales annoncées.  

Si à la capitale depuis environ 2 mois, des avancées non négligeables ont été faites  pour repousser les bandits du centre-ville délabré, le désarroi s’est emparé de la nation à la nouvelle d’un autre massacre perpétré par les bandes armées dans le Bas-Artibonite le 30 Mars 2026. Un autre coup dur pour le haut-état major de la PNH qui croyait avoir réduit les gangs de la Vallée de l’Artibonite à leur plus simple expression. La PNH recèle de bons et valeureux policiers, mais engluée dans des conflits internes, des luttes d’influence et des contradictions de toutes sortes, il lui sera très difficile de produire les résultats attendus.  Le problème s’avère complexe et profond.   

Sur le plan opérationnel, de meilleurs moyens matériels et des ressources humaines ont été mis à la disposition des  forces publiques nationales, lesquelles sont soutenues par la mission multinationale et des mercenaires étrangers d’une compagnie internationale privée de sécurité. Sur le plan institutionnel, la remobilisation des Forces Armées d’Haïti a été tacitement ou expressément acceptée par ceux-là  qui  s’y opposaient dans le temps.  Le Ministère de la Défense a été enfin placé sous le leadership d’un connaisseur de l’armée et de la police haïtienne, un  homme de poigne et de principe, en la personne de Mario Andrésol. Autant de faits positifs qui attendent Madame Daniela Kroslak à l’orée de sa nouvelle mission en Haïti…

Jean Hénoc Faroul

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