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USA-IRAN:

LE GOÛT AMER D’UNE PAIX FRAGILE!

Par Jean Hénoc Faroul

<<This was not easy !>> (<<Ce n’était pas facile>>), a dit le président des USA, Donald Trump, au moment d’apposer sa signature au bas du protocole d’accord de paix avec l’Iran. Une paix qui aura été aussi spectaculaire que le lancement, par Israël, de la guerre, par deux fois, en pleines négociations avec l’Iran. Avant même la signature officielle du Memorandum of Understanding (MoU) le soir du Mercredi 17 Juin 2026 à distance, au Château de Versailles, Paris pour la partie Étasunienne, des points de l’accord ont déjà été mis en œuvre. En effet, la levée du blocus naval étasunien a été rendue effective deux jours auparavant dans la Mer Arabique, contre les navires pétroliers autorisés par l’Iran à traverser le Détroit d’Hormuz. À preuve, un bateau gazier français a franchi sans problème le bras de mer dans la matinée du Jeudi 18 Juin 2026. 

Trump avait tant soif de cette paix qu’on se demande quel mauvais calcul ou quel mauvais génie l’avait poussé dans ce bourbier. Le chemin de la paix, il l’aura trouvé, mais sur fond de ressentiment de ses alliés, tels qu’Israël et les pétromonarchies de la péninsule arabique.

Lors d’une conférence de presse tenue le 16 Juin 2026, en marge de la réunion du G-7 à Paris, il a vertement critiqué son compère Benyamin Netanyahou en ces termes : << Israël ne peut pas venir à bout du Hezbollah sans tuer tout le monde. La Syrie s’en chargera. Parce que pour être honnête avec vous, je pense qu’ils (les Syriens) s’en chargeraient mieux. >>,  << Sans nous, sans les Etats-Unis, sans moi, il n’y aurait pas d’Israël. Car aucun président n’aurait été prêt à faire ce que j’ai fait. J’ai toujours eu d’excellentes relations avec Bibi (Netanyahou) ; mais maintenant, Bibi doit être plus responsable avec le Liban. >>. Trump a expliqué comment, pour un incident mineur, Netanyahou a déversé des bombes sur le Sud-Liban, mettant en péril ses négociations avec l’Iran. C’est le conflit ouvert entre les deux associés d’hier, puisque l’homme d’airain de Tel Aviv a juré qu’il ne respectera pas les termes de cet accord qu’il juge désavantageux pour l’Israël. Déjà, il poursuit ses bombardements dans cette portion du territoire libanais qu’il considère vital pour la sécurité du nord d’Israël.

Israël, le grand perdant :

En ouvrant les hostilités contre l’avis de Trump et d’autres alliés, Tel-Aviv voulait obtenir rapidement  par les armes :

  • l’élimination ou la récupération de l’uranium enrichi détenu par l’Iran;
  • la destruction des infrastructures nucléaires de Téhéran;
  • l’arrêt du programme balistique iranien ;
  • la suspension du soutien iranien à ses proxys du Moyen-Orient que sont : les milices chiites irakiens, le Hezbollah libanais, le Hamas du Gaza et autres  Houtis yéménites.
  • Une reconfiguration de la carte géopolitique du Moyen-Orient.

De ces objectifs israéliens seule la neutralisation de l’uranium enrichi, aura été atteinte. L’Iran disposait d’une capacité militaire insoupçonnée même de ses alliés Chinois, Russes et Nord-Coréens. Vladmir Poutine aurait exprimé à des émissaires iraniens sa surprise devant leur résilience militaire face aux USA et l’Israël réunis. Désormais, il se dit que la coopération russe avec l’Iran se renforcera dans les domaines du nucléaire civil et le transport de marchandises par voie terrestre. De cette guerre, Téhéran est sorti exsangue, mais plus fort, plus prestigieux et plus soutenu par ses alliés et l’opinion mondiale, même parmi ceux qui ne portent pas les mollahs dans leur cœur.

le Sud – Liban

Les pétromonarchies du Golfe : les autres perdants

Les sultans de la péninsule arabique ne voulaient pas de cette guerre et refusaient  même d’y prendre part, évitant un embrasement général qui les mettrait à genou. Le conflit a eu quand même des conséquences néfastes sur leur économie en détruisant des infrastructures pétrolières et touristiques. Aujourd’hui, ils paieront eux-mêmes pour les dégâts qu’ils ont subis et d’avoir hébergé des bases militaires étasuniennes. Et peut-être le fardeau de la reconstruction de l’Iran, par des dommages-intérêts et autres indemnisations.

La position des USA avec Trump :

<< Que le pétrole coule à flots !>>, s’est écrié Donald Trump dans la perspective de la réouverture du Détroit d’Hormuz. Les USA ne sont jamais tout-à-fait perdants ! Si ce n’est l’Etat ; ce seront les multinationales. Même si objectivement sur le plan stratégique, il y aurait :

  • un certain recul de l’influence étasunienne au Moyen-Orient ;

la perte de prestige de Washington aux yeux de ses alliés du Golfe persique et d’ailleurs, qui doutent désormais de son parapluie protecteur.

A vrai dire, cette guerre ne faisait point l’unanimité dans l’establishment des USA. Il s’est agi plutôt de la guerre de Netanyahou à laquelle Trump s’est vu obligé de prendre part, dans une certaine mesure à son corps défendant. Aujourd’hui, il ne semble plus disposé à suivre aveuglément ‘’Bibi’’ , et lui adresse même de sévères admonestations publiques.

Ce que l’Iran a obtenu :

L’Iran est dévasté par la guerre. L’inflation exagérée pourrait y causer des troubles sociaux à la longue. Comme dans tout régime dictatorial, la population est placée sous contrôle policier et de la propagande.

L’Iran semble avoir obtenu presque tout ce qu’il désirait comme conditions pour mettre fin à la guerre :

  • le respect de sa souveraineté nationale ;
  • un certain contrôle sur le détroit d’Hormuz ;
  • la levée des sanctions économiques, dont le déblocage de ses fonds gelés dans les banques occidentales ;
  • des dommages-intérêts pour sa reconstruction;
  • la poursuite de son programme balistique ;
  • l’inclusion du Liban et d’Israël dans l’accord de paix.

En contrepartie, Téhéran a accepté de :

  • surseoir à son programme nucléaire militaire ;
  • rouvrir le Détroit d’Hormuz au commerce international sans de trop grandes restrictions.

Non pas que l’Iran ne souffrait pas de la guerre autant ou plus que les autres ; mais, sa disposition à encaisser les coups et les rendre sur Israël, ses voisins arabes et les bases militaires des USA, lui a donné une capacité de nuisance que ses adversaires ne pouvaient plus supporter. Sa résilience spectaculaire a réussi à changer pour l’instant l’équilibre stratégique régional. Ce que les faucons du parti ‘’Likoud’’ auront du mal à accepter.

Israël ou mieux Netanyahou, a-t-il la capacité de saboter impunément cette série d’accords ?  Dieu seul sait de quel côté se trouve le super puissant lobby juif : avec la paix forcée de Trump ? Ou du moins en faveur de la guerre totale de Bibi ? Une chose est certaine : la guerre permanente sans aucun frein humanitaire, pourrait  fragiliser encore plus la position stratégique d’Israël au Moyen-Orient et dans le Monde ?

Me. Jean Hénoc Faroul, M.A

  • Maitre en Droit/Relations Internationales,
  • Licencié en Droit,
  • Licencié en Communication Sociale,
  • Certifié en Administration Publique,
  • Certifié en Analyse de l’Information (ONU, Norwegian Defence International Center, NODEFIC, Oslo, Norvège),
  • Certifié en Droits Humains (Université du Pays Basque, Espagne),
  • Journaliste de carrière,
  • Ancien fonctionnaire de l’ONU,
  • Ancien cadre du Programme d’Appui aux Partis Politiques du National  Democratic Institute (NDI)

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