DOSSIER ÉLECTORAL
Élections en péril :
L’amateurisme du CEP pointé du doigt !
Par Jean Hector Anacacis, ancien Sénateur de la République.
Les organisations sociopolitiques et populaires ont enfin exprimé leur préoccupation face à l’amateurisme des membres du Conseil électoral provisoire (CEP), dont les manquements d’ordre juridique, institutionnel et politique risquent de mettre en péril la crédibilité et la légitimité des élections générales.
Vu la légèreté avec laquelle le Conseil électoral a diffusé une note publique entachée de graves incohérences, force est de s’interroger sur un possible amateurisme flagrant. Ce document officiel, dépourvu de tout numéro de référence, s’affranchit des règles administratives les plus élémentaires.
De plus, les délais draconiens fixés unilatéralement par le CEP pour l’inscription des groupements et regroupements de partis, sans aucune consultation préalable des organisations politiques agréées, interpellent. Ces manquements répétés ne démontrent-ils pas que les membres du Conseil manquent cruellement d’expérience politique et de maîtrise de la culture organisationnelle du pays ?
Pourtant, trouver un terrain d’entente entre divers acteurs pour structurer un groupement de cinq partis agréés, ou un regroupement de dix organisations politiques, relève d’un véritable travail de titan. Face à des décideurs visiblement déconnectés de ces réalités, les partis politiques se retrouvent pris au piège d’un calendrier intenable, ce qui compromet la viabilité même du processus avant qu’il n’ait démarré.
Quelle est la responsabilité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé face à un tel imbroglio ? Ces ambiguïtés normatives portent en elles les germes de conflits juridico-politiques majeurs, capables de faire dérailler les élections. Comment peut-on alors tolérer que cet amateurisme persiste aux frais du contribuable haïtien, pour une mission qui dépasse manifestement les compétences des conseillers actuels ?
Tout observateur averti sait pertinemment que la constitution de coalitions politiques n’est pas une simple formalité bureaucratique. C’est un processus complexe de compromis, de négociations doctrinales et d’alignements idéologiques qui exige un temps raisonnable.
Or, la dérive méthodologique actuelle du CEP suscite de vives inquiétudes quant à sa capacité à piloter sereinement la machine électorale. Faute d’expertise technique au sein du Conseil, le processus s’enlise, au risque de plonger à terme le pays dans une crise postélectorale irréversible.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a le devoir constitutionnel de veiller à ce que les prochaines consultations soient justes, honnêtes, démocratiques et crédibles. La réussite de ce chantier démocratique exige impérativement de la compétence, de l’expérience, un dialogue politique inclusif et une vision stratégique rigoureuse. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que sera garantie la légitimité des futurs élus.
À quand le Premier Ministre mettra-t-il fin à ces manœuvres empreintes d’amateurisme, doublées d’ambitions politiques inavouées ? Ces membres du CEP ne seraient-ils pas en quête d’un prétexte pour renverser Fils-Aimé au profit de certains leaders prêchant le bicéphalisme ? Pourquoi le chef du gouvernement refuse-t-il de recomposer le Conseil électoral, alors que les conseillers montrent, aux yeux de tous, qu’ils ne sont pas à la hauteur d’une entreprise aussi complexe et qu’ils semblent, de surcroît, à la merci de politiciens désireux de faire dérailler la machine électorale ?

Me. Anacacis Jean Hector
Ex- Sénateur de la République
Coordonnateur de LAPEH

