Actualité Nationale D'Haïti

FORCES ARMÉES D’HAÏTI:

DES MOYENS FINANCIERS POUR UN REDÉPLOIEMENT EFFECTIF!

En visite sur la frontière.

Le Ministre de la Défense Nationale, Mario Andrésol, a entrepris le Samedi 2 Mai 2026 une importante visite d’inspection des bases militaires de Malpasse, localité de la commune de Ganthier, sur la frontière haïtiano-dominicaine, et de Marion, dans la commune de Terrier Rouge, département du Nord-Est. Cette visite de terrain rentre dans le cadre d’une mission d’évaluation, passant par l’identification et le contrôle des sites stratégiques où sont et seront déployées les troupes de l’armée remobilisée.

Depuis la démobilisation des Forces Armées d’Haïti (FAd’H) le 26 Avril 1995, nombre de ces sites ont été, soit abandonnés, soit occupés par la Police Nationale d’Haïti (PNH) ou la Brigade de Surveillance des Aires Protégées (BSAP). L’heure est venue pour l’armée de se redéployer sur le territoire national, en se réappropriant les sites militaires stratégiques. Par exemple, le drame survenu récemment à la citadelle Laferrière, a montré l’impérieuse nécessité de cette reprise en main des anciennes forteresses du pays par l’institution militaire.

Importance stratégique des sites visités :

Le village administratif et commercial frontalier de Malpasse, ou mieux, la ligne frontalière de Ganthier, est une zone sensible, susceptible de faire l’objet de toutes les activités interlopes, illicites, nuisibles tant à la sécurité nationale (l’Etat) qu’à la sécurité publique (des citoyens). Cette zone se trouve aujourd’hui sous le contrôle exclusif de l’administration civile : la police frontalière, les agents du service de migration, les agents douaniers et le service quasi-inexistant de la gestion de la quarantaine animale et végétale. Sans la présence de l’armée,  nos zones frontalières sont devenues en 2026 une passoire, un champ libre par où transite tout ce qui alimente le climat d’insécurité infernale que vit le pays aujourd’hui.

Si Malpasse se trouve dans la mission classique de protection de l’espace terrestre de la République, dévolue à l’armée, avec Marion on rentre dans l’extension voulue de la mission des Forces Armées d’Haïti : la protection des espaces stratégiques ou  vitaux sur les plans économique et environnementale. En effet, le barrage  hydraulique de Marion inauguré par le Président Jovenel Moïse en 2021, est un ouvrage stratégique permettant la production d’électricité, l’irrigation et l’extraction minière.    Malpasse et Marion, représentent donc des symboles ; ils sont censément un point de départ du processus de réappropriation progressive du territoire de la République d’Haïti par les Forces Armées d’Haïti.

A l’écoute des militaires :

www.magazinehaitiespoir.siteFacebook : Magazine Haïti-Espoir Phone: +509 34751155/56220262 /3639 5588 Email : jhfaroul@yahoo.com  

Si la remobilisation des Forces Armées d’Haïti et son redéploiement sur toute l’étendue du territoire national, s’avèrent plus que nécessaires, on ne saurait encore butter sur la négligence et l’insouciance proverbiales de l’administration publique haïtienne, encore moins ignorer les préoccupations et les problèmes qu’endurent les troupes. L’heure est grave, et la situation critique dans tous les aspects de la vie quotidienne. D’où qu’il faut se mettre à l’écoute des officiers, sous-officiers et soldats. Ce manque de sollicitude et de pro-activité anticipant les besoins légitimes et les difficultés, aura conduit au pourrissement de la Police Nationale d’Haïti (PNH).

Le ministre Mario Andrésol, semble l’avoir compris. Au cours de ses visites de terrain, il a pris l’habitude de s’entretenir avec les soldats de tous grades, en vue d’être édifié lui-même sur leurs conditions de travail, recueillir leurs doléances et envisager des améliorations concrètes dans la mesure des moyens disponibles.

A droite : Le Ministre de la Défense, Mario Andrésol, en conversation avec les hommes de troupe. Crédit photo : Marche Longue Média.

La Défense Nationale : un parent pauvre du Budget National :

Mais, comment améliorer les conditions de travail du militaire et bien équiper les différentes unités, sans les ressources nécessaires ? Le Ministère de la Défense n’a pas encore les moyens de sa politique, alors que les attentes sont énormes et nombreuses de la part de la population qui voudrait voir l’armée ramener l’ordre par tous les moyens dans le pays. En effet malgré une certaine bonne volonté, la Défense est encore l’un des parents pauvres du Budget Général de la République. La Loi de Finances 2025-2026 lui a attribué des crédits d’environ 10,7 milliards de Gourdes, dont 5,2 milliards pour les dépenses de fonctionnement et 5,3 milliards pour les dépenses d’investissement. Soit 3.09 % du budget total de 345.5 milliards de gourdes. Il va sans dire que la péréquation haïtienne s’avère inéquitable et inadéquate pour la sécurité nationale.

Il n’en a pas toujours été ainsi.  A titre indicatif,  suivant la Loi de Finances du Lundi 28 septembre 1981, le Budget Général de la République, Exercice Octobre 1981-Septembre 1982, disposait d’un montant global de 1 milliard 41 millions 952 mille 200 Gourdes (1.041.952.200.Gdes). De ce montant, des crédits budgétaires de 76 millions de Gourdes (76.000.000. Gdes) avaient été alloués aux Forces Armées d’Haïti ; soit 7.29 % du total.

Autre exemple : Dans la Loi de Finances du Lundi 29 septembre 1983, le Budget Général de la République, Exercice Octobre 1983-Septembre 1984, disposait d’un montant global de 1 milliard 97 millions 515 mille Gourdes (1.097.515.000. Gdes). De ce montant, des crédits budgétaires de 89 millions de Gourdes avaient été alloués aux Forces Armées d’Haïti ; soit 8,1 % du total. Cette enveloppe réservée aux Forces Armées d’Haïti, ne se confondait pas avec celle du Ministère de l’Intérieur et de la Défense dont elle relevait. Le ministère de tutelle avait son propre budget de 35 millions 666 mille Gourdes.

Si on se rappelle qu’à l’époque le pays était un havre de paix, car il disposait d’une nombreuse milice et d’une police rurale ramifiée dans les plus petites habitations, l’on se rendra bien vite compte de l’inanité de la part du budget accordée à l’Armée haïtienne.

Le 30 Juin prochain, soit dans moins de deux mois, la Direction Générale du Budget devra élaborer la Loi de Finances 2026-2027. Dans ce nouveau Budget Général de la République, d’aucuns s’attendent à ce que soient octroyés au Ministère de la Défense/Forces Armées d’Haïti, des crédits plus importants, à la hauteur de leur mission étendue et des attentes de la population.

Magazine HAITI-ESPOIR

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *