Environnement & DéveloppementRubrique Environnement et Changement Climatique

Pourquoi planter des arbres ne doit pas être considéré comme une solution principale face au changement climatique en Haïti ?

ARBRES ET CHANGEMENT CLIMATIQUE.

Pourquoi planter des arbres ne doit pas être considéré comme une solution principale face au changement climatique en Haïti ?

  1. Le mythe du reboisement en Haïti
  • Depuis des décennies, l’État haïtien et les ONG lancent des programmes de reboisement.
  • Pourtant, la majorité des arbres plantés ne survivent pas :
  • Manque d’entretien
  • Problèmes fonciers
  • Mauvais choix d’espèces
  • Conditions climatiques difficiles
  • Élevage libre
  • Paysans qui détruisent les plantules pour attirer de nouveaux financements ou projets.

Planter un arbre ≠ faire grandir une forêt.
Mettre en terre des milliers de plantules ne crée pas un écosystème mature.

  1. Le gaspillage et l’illusion
  • Une forêt mature stocke du carbone, régule le climat et abrite la biodiversité.
  • Mais avec un taux de perdition dépassant 70 %, les campagnes actuelles sont un gaspillage d’argent et de temps.
  • Pendant qu’on plante ici, ailleurs on coupe des forêts entières pour le bois, l’agriculture ou l’urbanisation.
  • C’est comme remplir un seau percé : l’effort est vain tant que les fuites continuent.
  1. La vérité cachée
    La crise climatique ne vient pas d’un manque d’arbres.
    Elle vient surtout de la combustion du pétrole, du gaz et du charbon.
    Planter des arbres sans réduire les émissions revient à poser un pansement sur une plaie béante.
    C’est comme laisser une vanne ouverte et utiliser une serviette pour absorber l’eau :
  • La serviette absorbe un temps, puis se sature.
  • Les forêts jouent ce rôle, mais elles ne peuvent pas contenir indéfiniment le flot des émissions.
    Planter des arbres = la serviette
    Les émissions = la vanne ouverte
    Tant que la vanne reste ouverte, le déluge est inévitable.
  1. Le décalage temporel
  • Un arbre met des décennies avant de séquestrer efficacement le CO₂.
  • Pendant ce temps, les émissions continuent chaque jour.
  • Le reboisement est visible et symbolique, mais réduire les émissions est la vraie bataille, bien plus complexe et géopolitique.
    Par exemple au Moyen Orien on est entrain de faire la guerre pour le contrôle du pétrole.
  1. L’économie du carbone : une opportunité ignorée
  • Les arbres sont essentiels, mais doivent être intégrés dans une stratégie économique.
  • Exemple : activer un marché carbone en Haïti.
  • Un hectare de mangroves peut séquestrer jusqu’à 1 million de tonnes de carbone.
  • En Europe, une tonne vaut environ 60 €.
  • Même à 10 € la tonne, une organisation communautaire pourrait générer 10 millions € par an.

Planter des arbres pour l’image = illusion ou le regret du jardin d’Eden.

Planter des arbres pour créer de la richesse et réduire les émissions = stratégie viable.

Transformer les organisations communautaires en institutions solides et riches grâce à des programmes de reforestation intelligents.

Les vraies stratégies à adopter

Protéger les forêts existantes (priorité pour les pays en développement).

Reforestation viable : liée à la croissance économique, à la réduction des inondations et l’érosion et à la régénération des nappes phréatiques.

Réduire les émissions à la source (responsabilité des pays développés).

Changer nos modes de production et de consommation.

Yves Junior VANCOL, Ing.

Directeur de l’INARHY

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *