Le défi du leadership dans les pays en développement
Par Yves Junior Vancol
De nombreux pays en développement peinent à atteindre une trajectoire de progrès durable. Trop souvent, ils attribuent leurs difficultés aux puissances étrangères ou aux pays industrialisés. Pourtant, la véritable cause réside dans un déficit de leadership éclairé. Le développement n’est pas le fruit du hasard ni d’une fatalité : il est le résultat d’une vision, d’une stratégie et d’une gouvernance solide.

Leçons des grandes puissances
Les nations développées ont bâti leur prospérité grâce à des efforts soutenus, une planification stratégique et une capacité d’anticipation. Les États-Unis, par exemple, illustrent ce modèle :
– Leur leadership repose sur une vision à long terme.
– L’« establishment » américain agit toujours dans une logique d’anticipation, protégeant les acquis et préservant la grandeur nationale.
– La puissance américaine n’est pas le fruit d’un privilège, mais d’un travail acharné et d’une stratégie cohérente.
Haïti : un cas révélateur
Haïti illustre parfaitement le problème du manque de leadership. Trop souvent, les élites politiques imputent les difficultés du pays aux étrangers. Or, la véritable faiblesse est interne :
– Un leadership déficient incapable d’identifier et de défendre les intérêts nationaux.
– Une incapacité à concilier les intérêts contradictoires avec les puissances étrangères.
– Une absence de stratégie pour transformer les menaces en opportunités.
Un dirigeant avisé doit savoir :
– Évaluer les forces et faiblesses de son pays.
– Identifier les opportunités et menaces dans l’environnement international.
– Négocier des accords profitables qui favorisent la croissance et le bien-être du peuple.
La question des ressources et des investissements
La possession des ressources naturelles par des étrangers n’est pas en soi un problème, si cela contribue au développement national et au bonheur du peuple. Le véritable enjeu est de savoir transformer ces investissements en :
– Stabilité et sécurité.
– Création d’emplois durables.
– Croissance économique soutenable.
– Développement d’infrastructures et d’industries locales.
Or, en Haïti, la diaspora privilégie le transfert d’argent aux ménages haïtiens (20% du PIB) plutôt que de l’Investissement productif, ainsi que les élites économiques qui privilégient l’importation et le commerce de détail. Cette logique entretient la dépendance et freine l’émergence d’une économie nationale solide.
Comparaison régionale : Haïti et la République Dominicaine
La République Dominicaine démontre qu’un leadership efficace peut transformer un pays. Son développement qualitatif ne résulte pas d’une aide étrangère miraculeuse, mais de la capacité de ses dirigeants à :
– Prendre des décisions stratégiques.
– Encourager les investissements.
– Mobiliser les ressources humaines et naturelles.
En revanche, Haïti reste prisonnière d’excuses et de justifications, au lieu de s’attaquer au cœur du problème : le manque de leadership visionnaire.
Vers un leadership éclairé
Aucun pays n’est une malédiction pour un autre. Le secret du développement réside dans la qualité du leadership. Haïti doit encourager l’émergence de dirigeants :
– Éclairés, capables de communiquer une vision nationale.
– Stratèges, aptes à négocier avec les puissances régionales et mondiales.
– Intelligents, sachant transformer les défis en opportunités.
Sans ce renouveau du leadership, Haïti risque de voir disparaître des générations entières. Mais avec des leaders visionnaires, le pays peut retrouver le chemin du développement et offrir à son peuple stabilité, prospérité et dignité.
Yves Junior VANCOL, Ing.

