Visite de Donald Trump en Chine:
XI JINPING, MÈNE-T-IL LA DANSE ?
Par Jean Hénoc Faroul

Au cours des discussions à huis clos entre le Président des Etats-Unis, Donald Trump, et le Président de la Chine Populaire, Xi Jinping, le Jeudi 14 Mai au Grand Palais du Peuple à Pékin, les deux leaders se sont entendus sur :
– le développement de relations de stabilité stratégique constructives;
- la réouverture du Détroit d’Hormuz, sa libération de toute militarisation future, et de toute perception de droits de péage.
De plus, Trump a annoncé que la Chine a accepté d’acheter 20 jets Boeing 737, du pétrole, du gaz naturel et du soja des Etats-Unis, en plus d’aider dans le dossier nucléaire iranien. La Chine n’a pas acheté de l’énergie produite aux USA depuis 2025, en raison des 20% de droits de douane imposés par Trump. Parlant du dossier Taiwan, Xi a averti Trump que : <<Si la situation est mal gérée, les deux pays pourraient s’affronter, voire entrer en conflit, plongeant ainsi les relations sino-américaines dans une situation extrêmement périlleuse.>> Au final, Trump a invité Xi à Washington pour une visite d’Etat le 24 Septembre prochain.
La décision de rouvrir le Detroit d’Hormuz, si elle est suivie d’effet, profitera tant aux économies chinoise et étasunienne, que mondiale. La disponibilité et l’accessibilité du carburant demeurent le talon d’Achille du géant chinois, devenu depuis plusieurs décennies la manufacture du Monde. Pour leur part, les USA, l’Europe et le reste du Monde, durement touchés par la hausse des prix de l’énergie, induite par la guerre israélo-étasunienne contre l’Iran, pourront lancer un ouf de soulagement.
On ne sait pas ce que les USA ont donné en échange, eux qui, malgré le blocus naval aux alentours dudit détroit, n’arrivaient pas rouvrir cette voie maritime par où transite un quart du carburant consommé dans le Monde. L’Iran ne pourra pas grand-chose contre cette entente sino-américaine, car cette guerre avait l’air d’un coup monté contre l’économie chinoise.
A part l’Israël, ayant vu en la montée en puissance militaire et nucléaire de l ’Iran comme une menace existentielle, les vrais protagonistes de la crise au Moyen-Orient, demeurent les USA et la Chine en lutte pour l’hégémonie mondiale. Au fil du temps, on finira par découvrir les accords ouverts ou secrets entre les deux grands sur d’autres dossiers brûlants, comme Taiwan et la guerre commerciale sino-étasunienne. Déjà, l’Israël se sent préoccupé face à une possible entente rapide des USA avec l’Iran, au détriment des questions fondamentales de sécurité.
La visite officielle de Trump en Chine.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump est arrivé en Chine le Mercredi 13 Mai 2026 pour une visite officielle de trois jours. Il a été accueilli chaleureusement à sa descente d’Air Force One, non par son homologue Xi Jinping, mais par le Vice-Président chinois Han Zheng.
Initialement prévu pour le mois de Mars écoulé, ce voyage a été reporté en raison de la Guerre au Moyen-Orient. Il revient en Chine pour une autre visite officielle neuf années après son propre voyage en 2017. Son successeur Joe Biden (2021-2025) n’y avait pas mis les pieds. Bien que pour ce président Démocrate, l’ennemi stratégique des USA, ce fût la Russie et non la Chine.
Le Républicain Trump pense le contraire : le véritable empêcheur de tourner en rond pour l’hégémonie de la République Etoilée décadente, reste et demeure la Chine. Inutile donc de dire que Trump ne s’est pas rendu à Pékin pour renouer des liens d’amitié, mais pour parler affaires, de respect par la Chine de l’ordre mondial unipolaire et peut-être aussi de partage de la domination mondiale. On ne sait pas encore s’il est allé parler de corde dans la maison des pendus.
Le menu des discussions :
Guo Jiakan du Ministère des Affaires Etrangères chinois a indiqué que : << Durant la visite, les deux pays discuteront des thèmes principaux des relations entre la Chine et les Etats-Unis, ainsi que de la paix et le développement mondial. La Chine est disposée à travailler ensemble avec les Etats-Unis pour maintenir l’esprit d’égalité, de respect et d’entente mutuelle, élargir la coopération et gérer les différences dans le but d’apporter une plus grande stabilité et de la certitude dans un monde marqué par les conflits. >>
Pour sa part, avant son départ pour Pékin, Trump a dit : << Je ne pense pas à la situation financière des Etats-Unis. Je ne pense à personne, Je ne pense qu’à une seule chose : nous ne pouvons permettre à l’Iran de disposer d’une arme nucléaire. C’est tout. >>, << Nous allons avoir une longue discussion sur (la guerre contre l’Iran)… Nous allons avoir une grande réunion avec la Chine.
C’est un type merveilleux. C’est un ami à moi. C’est quelqu’un avec qui nous nous entendons..…Ce sera un voyage passionnant, beaucoup de bonnes choses vont arriver. >> On s’attendait donc à ce que Trump demandât à Xi de faire pression sur l’Iran pour le porter à accepter un accord nucléaire et arrêter les attaques contre les bateaux pétroliers dans le Detroit d’Hormuz. En échange de quelque chose.
Le commerce international, les dossiers Iran et Taiwan auront été, à coup sûr, au menu des discussions à huis clos au cours de ce Sommet d’importance capitale pour les deux pays et le Monde.
Donal Trump sous la pression des milliardaires étatsuniens :

On sait que Trump ne laisse jamais de côté les affaires, mais ses démêlés avec la Chine ont déjà affecté et peuvent léser encore plus l’intérêt des plus grands investisseurs de son pays. Pour ce voyage, il s’est fait accompagner d’Elon Musk de Tesla et SpaceX, Tim Cook, PDG de Apple, Kelly Ortberg de Boeing et Jensen Huang, patron de Nvidia, entreprise du secteur des puces électroniques. Larry Fink et David Solomon misent sur une plus grande ouverture des marchés financiers chinois.
Il s’agit d’un marché de 300 milliards de dollars, rien que pour ces méga-entreprises. Xi a reçu Trump au Palais du Peuple sis sur la fameuse Place Tianamen au cœur de la capitale, Pékin, le Jeudi 14 Mai 2026. Beaucoup d’espoirs étaient placés sur cette rencontre où l’économique pourrait bien l’emporter sur les préoccupations politiques et militaires.
Les nombreuses divergences :
Les divergences entre deux dirigeants sont énormes et nombreuses :
- les sanctions étatsuniennes contre les entreprises chinoises faisant des transactions, soit avec la Russie, soit avec l’Iran;
- les nouveaux tarifs douaniers exorbitants de Trump contre les produits chinois ;
- les tentatives d’étranglement de l’économie chinoise ;
- le soutien militaire des USA à Taiwan ;
- les mouvements et les concentrations militaires des USA dans l’Indopacifique ;
- le contrôle à 90% du secteur des terres rares par la Chine ;
- les restrictions chinoises sur la vente aux USA des terres rares extraites ou transformées en Chine;
la baisse volontaire d’achat par la Chine du soja étasunien ;
- l’intervention armée israélo-étasunienne contre l’Iran, que Xi Jinping a dénoncée comme étant une politique de la loi du plus fort, au détriment du droit international ;
- le soutien militaire discret, mais efficace de la Chine à l’Iran ;
- la politique chinoise de dé-dollarisation de l’économie mondiale sur fond de mise en place d’une nouvelle architecture financière mondiale, à travers les BRICS et l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghai); etc.
Quelques heures avant l’arrivée de Trump à Pékin, l’Ambassade de Chine aux USA a publié une mise en garde contenant 4 grandes lignes rouges à ne pas franchir :
- la question Taiwanaise ;
- la démocratie et les droits humains ;
- Le système politique de la Chine et ses voies de développement ;
- Le droit de la Chine au développement.
Les deux récentes initiatives israélo-étasuniennes de guerre contre l’Iran, visaient en fait plus à stopper les avancées économiques chinoises qu’à protéger Israël de la puissance militaire iranienne déjà insoupçonnée. Cela s’est terminé par un désastre stratégique pour Washington qui est en passe de perdre son prestige, ses bases militaires dans la région arabo-persique et son emprise sur le Moyen-Orient. De plus, alors que Trump perd visiblement ses alliés européens, la Chine en gagne de nouveaux sur tous les continents.
‘’Nous devrons être des partenaires, non pas des rivaux’’, a dit XI à Trump. Les deux leaders parviendront-ils à dégager un entente gagnant-gagnant entre les deux plus grandes puissances économiques et technologiques mondiales aux ambitions presqu’inconciliables ?
Me. Jean Hénoc Faroul, M.A
- Connaisseur en droit international de l’eau.
- Maitre en Droit/Relations Internationales,
- Licencié en Droit,
- Licencié en Communication Sociale,
- Certifié en Administration Publique,
- Certifié en Analyse de l’Information
(ONU, Norwegian Defence International Center, NODEFIC, Oslo, Norvège
- Certifié en Droits Humains (Université du Pays Basque, Espagne),
- Journaliste de carrière,
- Ancien fonctionnaire de l’ONU,
- Ancien cadre du Programme d’Appui aux Partis Politiquesdu National Democratic Institute (NDI)

