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HISTOIRE CONTEMPORAINE

LA RÉVOLUTION D’AVRIL 1965 EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE: IL Y A 61 ANS!

Le 24 Avril 1965, à Santo Domingo, capitale de la République Dominicaine, des milliers de personnes armées de fusils, de machettes et de coutelas, descendirent dans les rues pour réclamer le rétablissement de la Constitution libérale et progressiste de 1963. Ce mouvement avait un leader civil : le jeune Francisco Peña Gomez, Dominicain d’origine haïtienne, membre du Parti Révolutionnaire Dominicain (PRD) de l’ex- Président Juan Bosch. Ce dernier,  renversé par un coup d’Etat militaire dirigé par le colonel Elías Wessin y Wessin le 25 Septembre 1963, soit 20 mois plus tôt, se trouvait en exil à Porto Rico. Il était le premier chef d’Etat élu démocratiquement après la longue dictature de Rafael Leonidas Trujillo (1930-1961).

L’Administration du Président des USA, Lyndon B. Johnson, condamna ce putsch, ne reconnut pas la junte militaire constituée du Général Imbert Barrera, Luis Amiamo Tío  et Victor Elby Vinas Roman, et coupa l’aide économique au pays. Bien que remplacée par une junte civile sous la direction d’Emilio de los Santos, le pouvoir usurpateur continuait à faire face à la résistance du peuple. 

Ainsi donc, le dernier Gouvernement provisoire dirigé par Donald Reid Cabral fut renversé par des militaires ‘’constitutionnalistes’’ qui réclamèrent le retour au Pouvoir du Président légitime Juan Bosch. Parmi eux, il y avait les colonels Rafael Tomas Fernandez Dominguez et Francisco Alberto Caamaño.

Au motif qu’il y avait 53 communistes dans le mouvement civilo-militaire, le Président des USA, Lyndon B. Johnson, envoya le 28 Avril 1965 vingt-trois mille Marines à Santo Domingo pour rétablir l’ordre. L’’’Operation Power Pack’’  empêcha la restauration du Gouvernement constitutionnel de Juan Bosch, tout en promouvant la montée de l’ancien Vice-Président et Président de doublure de Trujillo, Joaquín Balaguer. Placée sous les ordres du Lieutenant-General Bruce Palmer Jr., les forces étasuniennes établirent un cordon de sécurité autour de la ville de Santo Domingo. Johnson encouragea l’Organisation des Etats Américains (OEA) à donner une couverture régionale à l’intervention des USA, par la constitution d’une Force de Paix Interaméricaine.

Ce fut la deuxième intervention militaire Étasunienne en République Dominicaine, après la première occupation de 1916-1924. Elle dura  jusqu’à l’élection du nouveau Président conservateur néo-Trujilliste, Joaquin Balaguer le 1er Juin 1966.

Peña Gomez haranguant la foule en Avril 1965.

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Le peuple dominicain comprit que l’intervention étrangère n’était pas de son côté. Alors éclata une guerre civile entre les deux camps ; d’un côté, les masses populaires et les militaires constitutionnalistes ; de l’autre, les forces étrangères et les militaires conservateurs. La petite guerre civile dénommée ‘’Révolution d’Avril’’, dura du 24 Avril 1965 au 3 Septembre 1965, soit 4 mois 10 jours. Les affrontements se soldèrent par au moins 8 mille morts et de nombreux blessés. De nombreux citoyens haïtiens, des militaires et des civils, accoururent à Santo Domingo pour prendre part aux combats du côté des Révolutionnaires. Parmi les martyrs Haïtiens du Mouvement, on peut citer Jacques Viau, refugié à Santo Domingo pour des raisons politiques. Le jeune Francisco Peña Gomez haranguant la foule en Avril 1965.

Le social-démocrate Juan Bosch, fondateur du Parti RévolutionnaireDominicain (PRD) 

Investi le 27 Février 1963, le Président Juan Bosch avait été renversé du Pouvoir le 25 Septembre de la même année, en raison de ses mesures progressistes qui dérangeaient l’establishment dominicano-étranger : droits syndicaux, droits des femmes, droits des enfants naturels, la réforme foncière anti-latifundiste, le laïcisme,  la légalisation du divorce, la réduction de salaire des fonctionnaires publics, le contrôle des prix des produits de première nécessité, etc. Tout a commencé avec une grève générale lancée le 20 Septembre 1963 par le secteur privé des affaires, qui paralysa le pays pendant plusieurs jours. Alors, la hiérarchie de l’armée composée d’officiers trujilliste, prit prétexte de l’invasion du Général Léon Cantave contre François Duvalier à partir du territoire dominicain pour déposer Juan Bosch, accusé de vouloir provoquer une guerre inopinée avec Haïti. 

                                                                                                                                     Après cet épisode douloureux dans sa vie socio-politique, le peuple dominicain n’a plus connu de crise politique majeure ayant conduit à la lutte armée ou au blocage institutionnel. Au contraire, sa démocratie fonctionne bon gré mal gré.  La stabilité politique a engendré le progrès socio-économique qui a fait de la République Dominicaine,  l’un des meilleurs pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes. 

Par Jean Hénoc Faroul

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