Actualité Internationle

Donald Trump et le Vatican:

VERS LA RÉCONCILIATION!

Par Jean Hénoc Faroul

Le Pape Léon XIV et Marco Rubio

Le Souverain Pontife Léon XIV a reçu le Secrétaire d’Etat étatsunien Marco Rubio, le Jeudi 7 Mai 2026, au Palais Apostolique de la Cité du Vatican où ils ont eu un entretien d’environ 45 minutes.  L’objectif pour l’administration Trump est assez clair : le réchauffement des relations entre le Vatican et Washington, lesquelles se sont encore détériorées au cours des derniers mois. En effet, les divergences de vues sont énormes entre l’ex-cardinal Robert Francis Prevost, le premier Pape originaire des Etats-Unis d’Amériques, et  le Président d’extrême-droite, Donald Trump. Cela embrasse des dossiers de gouvernance interne aux USA, comme la criminalisation des immigrants, que rejette Rome, et la politique étrangère très interventionniste des faucons de Washington. Depuis l’intronisation de Léon XIV le 8 mai 2025, le respect du droit international et l’humanisme du Saint-Siège n’ont cessé de butter  sur la dureté des options de la Maison-Blanche.  C’est la deuxième rencontre du Chef de la diplomatie étasunienne en l’espace d’un an avec le Saint-Père. Rubio avait accompagné le Vice-Président des Etats-Unis, J. D. Vance, au Vatican le 19 Mai 2025, soit quelques jours après l’élection du Pape au trône de Pierre. Il s’agissait alors d’une visite plus de courtoisie du Gouvernement des USA auprès du premier Pape de nationalité étasunienne. Nonobstant de possibles divergences de vues antérieures du cardinal Robert Francis Prevost par rapportà la deuxième Présidence de Donald Trump démarrée sur les chapeaux de roue le 20 Janvier 2025.

Le contenu des discussions

Les échanges entre le Pape et Rubio ont porté évidemment sur des sujets assez sensibles sur lesquels les positions du Pape et de Donald Trump sont très dissonantes: la guerre au Moyen-Orient ; les conflits  en Afrique, et la situation à Cuba. Après avoir passé en revue les << pays marqués par la guerre, les tensions politiques et les crises humanitaires >>, les représentants des deux Etats ont vu la nécessité de travailler ensemble pour la paix dans le Monde.

Marco Rubio et Cardinal Pietro Parolin au Palais Apostolique du Vatican.

Après l’entretien avec le Pape, Rubio a eu des discussions plus élargies avec le Secrétaire d’Etat (Premier Ministre) du Vatican, le Cardinal Pietro Parolin, et sonn homologue, Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les Relations avec les États et les Organisations Internationales (Ministre des Affaires Etrangères). Là ont été abordés plus en détail les dossiers de la guerre en Iran, au Liban, les différents conflits sur le continent africain et la situation de Cuba.

Autant de dossiers brûlants qui divisent le Vatican et l’administration Trump. Ces discussions qualifiées de cordiales par le Bureau de Presse du Vatican, ont été «un échange de vues sur la situation régionale et internationale, avec une attention particulière portée aux pays touchés par la guerre, les tensions politiques et les crises humanitaires, ainsi que sur la nécessité d’œuvrer sans relâche pour la paix». Pour sa part, le département d’État a publié un communiqué rapportant que, lors de l’audience avec le Pape, la situation au Moyen-Orient et d’autres questions «d’intérêt commun pour l’hémisphère occidentale avaient été abordées». Et que Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin ont «examiné les efforts humanitaires en cours en Occident et les initiatives visant à instaurer une paix durable au Moyen-Orient». 

Au terme de ces échanges, les deux parties ont convenu de «l’engagement commun à cultiver de bonnes relations bilatérales entre le Saint-Siège et les États-Unis d’Amérique a été renouvelé». Pour le Département d’État américain, ces discussions «ont démontré le partenariat solide et durable entre les États-Unis et le Saint-Siège en faveur de la liberté religieuse».

Les dossiers, sources du malaise :

Le dossier de la guerre au Moyen-Orient avait mis dos à dos l’Administration Trump et le Saint Siège. Léon XIV avait qualifié l’attaque Israélo – Étasunienne du 28 Février 2026 contre l’Iran en pleines négociations diplomatiques, de ‘’guerre injuste’’. Il s’en est suivi un véritable passe d’armes entre Donald Trump, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le Saint-Père, au terme duquel, Léon XIV avait  déclaré qu’il n’avait ‘’pas peur de Trump’’. Il y a seulement quelques jours, Trump a dit du Pape qu’il était : << weak on crime and terrible for foreign policy>> (faible en matière de criminalité et désastreux en politique étrangère). Il avait également et laissé entendre que le Vatican n’avait pas de problème à ce que l’Iran détienne l’arme nucléaire, même si cela met la vie de Catholiques en péril.

Des activistes humanitaires européens.

De même, pour le blocus naval de Trump autour de Cuba, l’île communiste, le Vatican croit qu’il ne sied pas d’asphyxier tout un  peuple en vue de renverser ses dirigeants. Ne pas vouloir laisser mourir le peuple cubain, ne signifie pas soutenir le régime de la Havane, c’est peut-être la logique du Saint-Siège. Le Vatican plaide en faveur d’aide humanitaire, alors que l’équipe de Rump insiste sur la liberté religieuse et la situation politique de Cuba. « Nous sommes disposés à fournir davantage d’aide humanitaire à Cuba, distribuée par l’intermédiaire de l’Église, mais le régime cubain doit nous y autoriser. Il refuse que nous fournissions davantage d’aide humanitaire à sa propre population, et nous sommes prêts à le faire par le biais de l’Église. Il y a donc beaucoup à discuter. », a fait remarquer Rubio.

Le spirituel dérange le temporel :

Inutile donc de dire le niveau du refroidissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Au lendemain de la visite de Marco Rubio, soit le Vendredi 8 Mai 2026, lors d’un discours prononcé à Pompéi à l’occasion de son premier anniversaire à la tête de l’Église catholique, le pape a prié Dieu d’inspirer les dirigeants à apaiser les tensions. « Nous ne pouvons pas nous résigner aux images de mort que les médias nous montrent chaque jour », a-t-il déclaré.

L’opinion publique étasunienne et mondiale semble soutenir le Vatican dans cette controverse. L’Etat du Vatican (Saint-Siège), disposant d’une grande influence spirituelle sur les plus de 70 millions de Catholiques aux Etats-Unis, Donald Trump avait donc intérêt à se réconcilier avec Léon XIV en cette année électorale. Il avait lui-même admis qu’il sera ‘’impeached’’ (destitué) s’il arrive à perdre ces joutes électorales de Novembre prochain. Marco Rubio a t-il réussi le coup ? Attendons voir…

Jean Hénoc Faroul


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